HOLLYWOOD, ONTARIOOuverture du TIFFMaxime Demers Le Journal de Montréal 07-09-2006 | 11h10
Seulement au cours du prochain week-end, Toronto verra donc défiler plus de stars hollywoodiennes que ce qu'a accueilli notre Festival des films du monde de Montréal au cours des cinq dernières années. Le festival se met en branle ce soir avec la présentation du film d'ouverture, The Journals of Knud Rasmussen, du réalisateur canadien Zacharias Kunuk (Atanarjuat: la légende de l'homme rapide), un conte inuit qui se déroule en 1922, dans une petite localité nordique de Igloolik. Tapis rouge Pas le film le plus sexy et le plus glamour de la programmation du TIFF cette année, mais on s'attend quand même à ce que quelques vedettes foulent le tapis rouge à l'entrée du Roy Thomson Hall, la salle qui accueille les grands galas pendant l'événement. Mais c'est plutôt à compter de demain que Toronto se mettra à l'heure de Hollywood. Rappelons-le, Brad Pitt, Reese Witherspoon, Vince Vaughan, Jude Law, Kate Winslet, Russell Crowe, Dustin Hoffman, Pierce Brosnan, Morgan Freeman, Sir Anthony Hopkins, Tom Hanks et Sharon Stone feront, entre autres, escale dans la Ville reine au cours des prochains jours. Un vrai paradis pour les chasseurs d'autographes! Outre les productions américaines les plus attendues de l'automne (A Good Year de Ridley Scott, All The King's Men avec Sean Penn, Breaking and Entering d'Anthony Minghella), les festivaliers pourront voir, en première mondiale ou nord-américaine, les dernières oeuvres de certains des cinéastes les plus réputés au monde: Pedro Almodóvar (avec Volver), Alejandro Gonzalez Inarritu (Babel), Patrice Leconte (Mon meilleur ami), Ken Loach (The Wind that Shakes the Barley), Nanni Moretti (Le Caïman), et ainsi de suite. Du côté québécois, près d'une dizaine de films ont été retenus, dont Congorama de Philippe Falardeau, Cheech de Patrice Sauvé, Un dimanche à Kigali de Robert Favreau, Dans les villes de Catherine Martin et Sur la trace d'Igo Rizzi de Noël Mitrani. Après Cannes Désormais bien installé au second rang des festivals de cinéma les plus importants (et courus) au monde (après celui de Cannes et devant ceux de Venise et de Berlin), le TIFF s'est taillé cette place de choix en s'offrant comme vitrine aux grands studios américains, ce que le FFM de Montréal, par exemple, a toujours refusé de faire. Rampe de lancement Le TIFF est ainsi devenu depuis une dizaine d'années une gigantesque rampe de lancement pour les productions hollywoodiennes et, du coup, un incontournable pour les journalistes, producteurs et distributeurs du monde entier. Il est d'ailleurs toujours étonnant de constater qu'il y a autant, sinon plus, de projections pour les gens de l'industrie que pour le public. Les acteurs et réalisateurs hollywoodiens y convergent donc pour faire la promotion de leurs films, et les journalistes s'y rendent pour les interviewer. Mais à ce petit jeu, c'est le festival qui sort grand gagnant: la présence de ces stars lui fournit une publicité internationale inégalable. Le grand coup de génie du TIFF est d'avoir su mettre en place chaque année, parallèlement à cette immense plateforme hollywoodienne, une programmation éclectique, jeune et variée. On peut aller voir un film d'horreur au beau milieu de la nuit, un film français tôt le matin, un documentaire brésilien en début d'après-midi et la prochaine superproduction américaine en soirée. De tout pour tous, donc... Le 31e Festival international du film de Toronto commence ce soir et se poursuit jusqu'au 16 septembre. |