GENEVIÈVE BROUILLETTERéalise un vieux rêveDavid Patry Journal de Montréal 03-09-2006 | 15h46
Pour sa troisième année, le Festival Images et Lieux de Maniwaki s’est associé à une porte-parole de choix. Originaire de Saint-Hyacinthe, Geneviève Brouillette est sensible au sort des régions du Québec, surtout du côté culturel. «Dans les régions, il n’y a souvent que deux ou trois salles de cinéma dans toute la ville, soutient-elle. Sur les écrans, on ne présente que les grosses productions américaines.» Geneviève Brouillette est bien heureuse de retourner dans la région de l’Outaouais à l’occasion de ce festival. Ce coin du Québec l’a adoptée cet été à la suite de son passage à Montebello, dans le cadre de La Petite Séduction, présentée à Radio-Canada. Elle connaissait déjà ce jeune festival parce qu’elle avait participé à un court métrage rendant hommage à Gilles Carle qui y avait été présenté lors de sa première tenue. «Chaque fois qu’un festival de films m’approche, j’embarque! lance-t-elle. Je sais que ce n’est pas facile de trouver des gens lorsqu’on fait un événement culturel en région. C’est aussi une façon de retourner au cinéma une partie de ce qu’il m’a donné.» Orienté sur le cinéma qui aborde la thématique rurale, le festival présente 13 films pour petits et grands amateurs de cinéma. Une compétition de courts métrages pour les cinéastes de la relève est également organisée. Six films se disputeront le prix Gilles-Carle, accompagné d’une bourse de 3 000$. Geneviève Brouillette attend avec impatience la présentation d’, de Jean-Henri Meunier. Ce film traite d’un petit village médiéval de l’Aveyron, en France. «Il est présentement à l’affiche à l’Ex-Centris, mais je me retiens pour ne pas aller le voir», dit-elle. Un documentaire Profitant d’une offre de Canal D, Geneviève Brouillette a réalisé un vieux rêve pendant ses vacances d’été. Elle est passée derrière la caméra afin de réaliser un documentaire. «J’ai toujours eu le goût de toucher à la réalisation, insiste la comédienne désormais réalisatrice. Je joue souvent les textes de quelqu’un d’autres et j’avais soif de prendre la parole», ajoute-t-elle. L’œuvre de une heure, qui sera diffusée dans le cadre de la série Mon œil!, porte sur des personnes âgées. «Dans la société, on devient schizophrène juste à l’idée de vieillir», justifie Geneviève Brouillette. Celle-ci a donc décidé de montrer à l’écran des gens qui vivent dans le bonheur malgré leur âge avancé. Elle veut défaire la peur collective du vieillissement. Mais la commande était plus lourde que ce qu’elle avait imaginé. «J’ai accepté ça très naïvement. C’est bien l’fun, mais je n’ai pas vu mon été passer…» soupire Geneviève Brouillette. Bien contente d’avoir pu réaliser son rêve, mais toujours prise dans le montage de son documentaire, la comédienne arrive à une conclusion sans équivoque. «Finalement, je suis une actrice et j’aime bien ça…» balance-t-elle. Bientôt au cinéma? Elle n’arrive pas à comprendre comment certains acteurs arrivent à multiplier les rôles. Pour elle, son personnage dans Rumeurs est amplement suffisant pour la tenir occupée. Elle se dit prête pour de nouveaux défis, mais n’arrive pas à trouver du temps dans son horaire pour mener à bien des projets au cinéma. Mais pas question de quitter la série pour de nouveaux rôles au grand écran. «Comment dire non à Rumeurs? C’est un succès extraordinaire et j’ai un beau rôle», dit-elle. Personne ne sait si la série se poursuivra encore l’année prochaine ou s’il s’agit de la dernière année. Même si elle ne serait pas fâchée de passer à autre chose, Geneviève Brouillette sera vraisemblablement de l’aventure jusqu’à la fin. |