SCOOPFantaisie éphémèrePar Martin Gignac ICI 28-07-2006 | 19h51
Suite à une apparition éloquente d’un journaliste décédé, une jeune Américaine (Scarlett Johansson) de passage à Londres est convaincue que le célèbre assassin au sobriquet évocateur, «The Tarot Card Killer», est en fait le fils (Hugh Jackman) d’un respecté aristocrate britannique. Afin d’étayer ses soupçons, elle convainc un magicien minable (Woody Allen) de se faire passer pour son père pour accéder plus facilement à cette classe sociale si jalousée. L’enquête ne sera plus la même lorsque la principale intéressée tombera amoureuse de son suspect à l’allure angélique. Le sablier du temps s’écoule lentement et Woody Allen ne change guère. Il mélange encore et toujours ses élixirs dont il est passé maître depuis belle lurette. Un drame cynique par-ci, une douce fantaisie par-là et même une symbiose de ces deux éléments dans le récent Melinda and Melinda. Comme toujours, les pédants nostalgiques en mal de Annie Hall ou de Manhattan vilipenderont à outrance en utilisant les éternels clichés. Allen tourne trop et mal. Il se complaît dans la facilité au lieu de créer des oeuvres marquantes. Il se répète sans amener des pistes nouvelles ou d’idées saugrenues. Et ils auront raison. Scoop n’est pourtant pas mauvais. Le récit, d’un classicisme assumé, permet au petit clown à lunettes de délirer avec ses allusions existentielles et son ironie usuelle. Sa fascination pour le grand-guignolesque et la mythologie grecque sature sa vue de flashs tordants, comme ces fantômes s’ennuyant sur le Styx. Cela ne va pas très loin, mais ce n’est pas aussi insignifiant que The Curse of the Jade Scorpion. |