COMPRESSIONS BUDGÉTAIRESDes rôles plus raresAgnès Gaudet Le Journal de Montréal 19-07-2006 | 07h27
Le beau docteur de la série Emma, Patrice Godin, avoue qu'il a moins travaillé et auditionné depuis la fin de la série, il y a trois ans. Le comédien considère qu'il y a beaucoup moins de travail avec le ralenti causé par les coupes dans les productions télé et le manque de financement au cinéma. Un peu épeurant «On fait nos années quand même, dit-il, résigné. Et avec les années, j'ai appris à me calmer, mais c'est un peu épeurant. Il y a moins de séries et un gros boom en téléréalité, ce qui prive de travail les comédiens de formation. «Je n'ai rien contre la téléréalité, mais c'est parfois choquant, ajoute-t-il. On remplace des acteurs qui comptent des années de formation par des gens sans expérience. Est-ce qu'on remplacerait un médecin en région par quelqu'un qui a fait un cours de survie?» S'accrocher La situation est encore plus grave pour les comédiennes, estime Julie Deslauriers, et les rôles encore plus rares: «Il y a beaucoup plus de rôles masculins que féminins en ce moment», dit-elle. Godin est toutefois optimiste. Il croit que le balancier va dans les deux sens et qu'à long terme, les gens vont se fatiguer de la téléréalité et des séries américaines doublées: «Il faut s'accrocher, dit-il, et se consoler en se disant qu'ici, au Québec, on a la chance de toucher à tout, la pub, le cinéma, le théâtre et la télé, alors qu'en France et aux États-Unis, les acteurs sont catégorisés.» Un rôle qu'il n'attendait plus Dans la série Le 7e round, qui sera présentée à Radio-Canada en 2006-2007, Patrice Godin joue le rôle d'un boxeur, rôle qu'il n'attendait plus à son âge, 38 ans. Pour l'obtenir, il a passé l'audition «parlée» et «frappée». Grand amateur de boxe, il avait déjà des aptitudes dans l'âme. Depuis le début de l'aventure, il est devenu carrément accro, lui qui s'entraîne depuis des mois avec des professionnels et futurs champions. «J'aurais pu devenir boxeur!, déclare le comédien au Journal de Montréal. Je me souviens avoir émis le désir de faire de la boxe vers l'âge de 9 ou 10 ans, mais à l'époque, c'était mal vu. Si mes filles (elles ont 4 et 2 ans) voulaient boxer un jour, je n'aurais aucune idée préconçue.» |