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QUéBEC

Détour, on tourne!

Jean-François Racine
Le Journal de Québec
17-07-2006 | 08h12
On peut réinventer le monde entre chums dans une taverne, mais lorsqu'un réalisateur arrive avec un vrai scénario et toute une équipe de tournage, ça devient sérieux!

Depuis hier, la légendaire taverne Jos Dion est transformée en plateau de tournage pour le film La Belle empoisonneuse, de Richard Jutras. La vénérable institution de la basse-ville, qui sert encore «de la grosse tablette», fête cette année son 73e anniversaire. Selon le producteur Yves Fortin, c'est dans cette petite taverne de Saint-Sauveur, qui a une porte sur Saint-Vallier et l'autre sur Saint-Joseph, que se déroulera l'intrigue principale. Un appartement situé à l'étage supérieur a également été réquisitionné pour plusieurs scènes. Le tournage aux quatre coins de la ville devrait s'échelonner sur près de cinq semaines.

Pas de financement

Comme plusieurs autres, l'équipe des productions Thalie n'a eu droit à aucun financement de la part de Téléfilm Canada. Leur demande était de 225 000$. «Nous sommes un des nombreux films qui ont été refusés, mais nous avons décidé d'aller de l'avant quand même, puisque les 45 travailleurs ont accepté de collaborer au financement, en faisant des concessions salariales importantes», indique le producteur Yves Fortin.

La polémique entourant le financement des oeuvres cinématographiques n'est donc pas près de s'estomper, s'il faut en croire M. Fortin. «Il faut abolir le système de performance. Des gens ont des passes gratis. Tu ne peux pas être premier à la SODEC et dernier à Téléfilm Canada. On ne veut pas de système à deux vitesses», dit-il.

Selon ce qu'il a été possible d'apprendre, La Belle empoisonneuse est une histoire d'amour entre un homme tombé amoureux d'une femme qui n'est pas libre et qui est porteuse d'un secret. Le pardon et le mensonge devraient être au coeur des thèmes exploités. Les rôles principaux seront tenus par Maxime Denommée et Isabelle Blais. Distribué par Christal Films, le film devrait sortir en 2007.

En déclin

Malgré une croissance exceptionnelle des productions québécoises ces dernières années, les activités dans la Vieille Capitale ne se portent pas très bien. Avec un budget de 2 millions de dollars, La Belle empoisonneuse devrait être le seul long-métrage tourné à Québec en 2006. D'ailleurs, l'annonce récente de Robert Lepage d'abandonner les projets de tournage de sa boîte de production à Québec fait mal à l'industrie. «Après le montage financier, c'est plus facile de tourner à Québec qu'à Montréal et les gens sont tellement enthousiastes», ajoute Yves Fortin.

La mairesse Andrée Boucher aurait l'intention d'examiner cette situation difficile.

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