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FESTIVAL FANTASIA

Horaire du 17 juillet

16-07-2006 | 23h08
AU THÉÂTRE HALL
1455 de Maisonneuve O.

The Red Shoes (Kim Yong-gyun) - 17h20
Une lycéenne attend le métro. Elle trouve, sur le quai, une paire de souliers rouges. Ces souliers oubliés la fascinent complètement. Elle vient à peine d’y glisser les pieds, qu’une autre lycéenne lui tend une embuscade, pour les lui voler. C’est la toute première chose qu’il vous faut savoir, au sujet de ces talons hauts: ils provoquent toujours une jalousie irrationnelle (et violente). Mais il y a plus. La seconde lycéenne s’enfuit avec les souliers. Les souliers se déchaînent, et infligent une double amputation à cette voleuse. On découvrira autre chose encore, à mesure que le film avance...

C’est au tour de Sun-jae de s’approprier les souliers. Elle se sent plutôt misérable, son mariage est en train de tomber en miettes, sa fille Tae-soo se range du côté de papa, et sans trop savoir pourquoi, les souliers rouges sont la seule petite touche de joie dans sa vie glauque. Sun-jae essaie d’ouvrir une clinique d’optométrie, mais ça n’est pas facile. Elle emménage avec Tae-soo dans un minuscule logement miteux. Son décorateur est très beau, et aussi très beau parleur, mais son aide n’est pas particulièrement utile. Le mystère des souliers s’épaissit. Sun-jae se sent entraînée dans une succession d’événements inexpliqués. La tension monte, et bientôt, c’est un sang beaucoup plus obscur qui commence à couler...


Isolation (Billy O’Brien) - 19h30
Dan Reilly est un fermier irlandais en panne d'espoir et d'options. Sa ferme ancestrale, jadis la fierté de sa famille, ne lui permet plus de gagner sa vie. Ses bâtiments dilapidés, ses structures rouillées, son étable vide ne sont que vestiges de jours plus fertiles, que des fantômes qui hantent les plaines verdoyantes. Ses seuls visiteurs: huissier, banquier. Reilly capitule, la corde au cou, il vend son maigre troupeau de vaches à une firme de recherche en génétique et reproduction animale. Aux dires des chercheurs, l'expérimentation va bon train, mais quelque chose de sinistre se couve.

Lors d'un examen de routine, le foetus d'un veau, du creux de l'utérus maternel, mord le vétérinaire. L'incident sème la panique chez le docteur, le fermier et quelques voyageurs de passage dans la campagne irlandaise. Il fallait s'y attendre: un véritable cas de vache folle; sur les arpents verts déferleront sous peu les marées rouges...

Le site du film


Synesthesia (Toru Matsuura ) - 22h
«Ce que vous voyez n’est pas ce que je vois». La synesthésie est un désordre sensoriel rare où la stimulation d’un sens invoque la réponse d’un autre. Une personne affligée de cet état peut goûter un son, sentir une couleur et ainsi de suite. Il est impossible pour quelqu’un n’étant pas affecté par ce trouble de bien comprendre ce que ressentent les synesthètes, vouant ces derniers à une perpétuelle aliénation. Shinsuke a toujours vécu avec la synesthésie, mais a su développer des aptitudes de survie sociale, surtout en vue de cacher son état aux gens qui l’entourent. Il est depuis longtemps fasciné par un tueur infâme qui s’est baptisé Picasso.

Picasso fait figure de légende au cœur de certains milieux underground pour avoir lancé un jeu vidéo hypnotique qui envoûte littéralement ses joueurs. Se servant du jeu pour provoquer une série de meurtres et suicides, il a même parfois offert des agonies à télécharger au moment même où elles se produisent. Shinsuke est particulièrement intrigué par la singulière signature que laisse Picasso aux lieux de ses crimes. Shinsuke perçoit la marque bien différemment des autres. Il est convaincu qu’il s’agit là d’un message voué à contacter les synesthètes. Shinsuke et son co-locataire accueillent Mari, une adolescente fugueuse avec des antécédents de décès mystérieux chez ses parents adoptifs. Les sens de tous et chacun vont être fortement secoués.

Le site du film


À LA SALLE J.A. DE SÈVE
1400 de Maisonneuve O.

Wilderness (Michael J. Bassett) - 15
L’institut Moorgate pour délinquants juvéniles. Le harcèlement pousse au suicide l’un des plus timides pensionnaires de l’établissement. Par le passé, les autorités ont souvent fermé les yeux sur des comportements abusifs, mais, cette fois-ci, ils doivent sévir, et faire un exemple. Leur solution: expédier sur une île déserte tous ceux qui logeaient dans le même dortoir que le défunt, c’est-à-dire un bel assortiment de mésadaptés sociaux, de violeurs récidivistes, de voleurs à la tire, et de néo-nazis. En soi, ça n’est pas si terrible, comme sentence.

Hélas, quelque chose se produira, sur cette île, et cette chose est mille fois plus abominable que toutes les mesures disciplinaires imaginables. Les jeunes délinquants ne sont pas seuls dans l’île. Quelqu’un de très sadique les attaque à plusieurs reprises, et il semble que cette personne ait subi un entraînement militaire complet. Toutes les horreurs qu’inventent les délinquants ne font pas le poids face à la cruauté visionnaire de leur bourreau anonyme. Pas si anonyme que cela, d’ailleurs, puisqu’il fait clairement savoir à ses proies qu’il était un ami du jeune pensionnaire suicidé de Moorgate. On comprend alors que le sang du défunt sera racheté par le sang de ses tortionnaires… coulant à flot.


Programme de courts métrages - 17h15

Liberté, Égalité, Fantastique: Court métrage Français et Belge


The Wild Blue Yonder (Werner Herzog) - 19h30
«Je veux me servir de l’image et du son d’une façon que vous n’avez jamais vue.» Voilà comment Werner Herzog décrit son hypnotique nouveau film de science-fiction/fantaisie, un «oratorio spatial» (son sous-titre original) dont le romantisme environnemental et la musique envoûtante évoquent plus fortement les passages sereins du 2001: A Space Odyssey de Kubrick et la propre beauté sidérale de notre planète que presque tout autre film d’anticipation. Brad Dourif, son regard rappelant Klaus Kinski, incarne un extraterrestre déchu, échoué dans une ville fantôme du sud de la Californie («On a construit un centre d’achat ici, mais personne n’est venu magasiner») et cuvant des conspirations de la CIA, les secrets de Roswell et les antiques voyages célestes («Nos ancêtres étaient de grands savants, mais le voyage était long et ennuyeux et, en bout de ligne, arrivés ici, nous étions tous nuls»). Ses délires de naufragé sont entrecoupés par des images d’une «mission interstellaire secrète de la NASA» vers sa planète, la «Wild Blue Yonder» du titre.

Cette fiction auditive, toutefois, est jumelée à une science visuelle, puisque Herzog se sert de plans inédits d’un décollage véridique de la NASA datant de 1989 pour les fins de la «mission interstellaire» et d’images sous-marines de la barrière de glace arctique pour représenter l’autre monde. Herzog assortit ces étranges visions d’une des trames sonores les plus hypnotiques qui soit, un cocktail d’opéra d’Handel, de violoncelle jazz, de voix sénégalaises et d’un chœur à cinq de bergers sardes. L’ensemble sonne à la fois tout à fait inédit et parfaitement familier, de ce monde et d’ailleurs. Inclassable, lumineux, parfois comique, The Wild Blue Yonder est jusqu’ici le plus innovateur des films d’Herzog, questionnant avec scepticisme la sagesse de l’Homme tout en s’émerveillant sur la beauté incandescente de son habitat, une beauté plus irréelle que l’espace sidéral.

Le site du film


The Glamorous Life Of Sachiko Hanai (Mitsuru Meike) - 22h
Quel serait le résultat cinématographique du croisement d’un manifeste contre-culture, un film de fesses «soft-core», une comédie absurde et une critique de l’intellectualisme? Les cinéphiles seront confondus! Sachiko Hanai (Emi Kuroda) est une escorte spécialisée en fétichisme et jeux de rôles. Un après-midi au restaurant, elle est témoin d’une rixe entre deux hommes qui se termine fatalement par un coup de feu. Tentant de photographier le tueur avec son téléphone cellulaire, Sachiko est atteinte d’une balle à la tête. Au lieu de la tuer, l’incident devient un pivot, le point culminant d’un éveil intellectuel. De toute évidence, sa plaie purulente la mène directement… à la bibliothèque!

En quête de savoir, elle dévore les bouquins des grands essayistes, philosophiques et penseurs politiques. Capable de décoder les langues étrangères, allumée à la mention de Susan Sontag et Noam Chomsky, c’est en pleine contemplation des théories de l’Univers que Sachiko séduit un professeur. Dans l’effroi de la scène du restaurant, Sachiko, qui croyait empocher un tube de rouge à lèvres, se rend compte qu’elle porte sur elle une réplique de l’index de Président Bush, un appareil conçu afin de pousser le bouton qu’on préférerait ne jamais voir enfoncé… Enfin, Sachiko se retrouve dans un pêle-mêle lié avec un mafieux qui voudrait forcer la réunification des Corée du Sud et du Nord?!

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