DOWN IN THE VALLEYCow-boy tragiqueICI 14-07-2006 | 04h00
Il y avait les grands espaces. Çà et là, au détour d’un rio, on pouvait y croiser quelques cow-boys accompagnant un troupeau de vaches. Ou alors, solitaire, il parcourait les plaines infinies à la recherche d’une quelconque cause à défendre. C’était le temps des westerns mythiques. C’était le temps où les cow-boys étaient les rois de l’Ouest. En 1969, Midnight Cowboy de John Schlesinger sortait sur les écrans. Le petit cow-boy du Middle West devenait un gigolo perdu dans un New York totalement urbanisé. Le mythe en prenait un (nouveau) coup! Plus de 35 ans plus tard, nous ne sommes plus dans Big Apple mais dans une autre immensité bétonnée: Los Angeles. Là, Harlan (Edward Norton) traîne sa petite vie de cowboy des villes. Il tombe amoureux de Tobe (Evan Rachel Wood). Lui, stetson sur la tête et bottes aux pieds, parle de ses rêves de ranch au Montana, de ses chevaux, de sa liberté retrouvée. Elle, insouciante et rebelle, le regarde comme il voudrait qu’elle le voit. Elle l’écoute comme on écoute un fantasme. Illusions David Jacobson (Dahmer) nous offre un film tout simplement magnifique. Down in the Valley est une rencontre éblouissante entre deux réalités: celle de Tobe (avec son père – David Morse – et son frère) et celle de Harlan. La première a les deux pieds enfouis dans sa vie tourmentée d’adolescente. Le second jouit par procuration d’une vie d’un autre temps. Deux êtres à la rencontre improbable. Quatre acteurs principaux, quatre performances. Edward Norton (Fight Club), qui est aussi producteur, tient le film avec une qualité rare. Les deux jeunes sont parfaits et David Morse (découvert dans le très beau The Indian Runner), malheureusement encore trop méconnu, est toujours impressionnant de puissance physique et émotionnelle. Grâce à eux, Down in the Valley alterne sans cesse entre la lumière et le crépuscule. Malheureusement pour les protagonistes, lorsque les deux teintes se mélangent, le noir l’emporte toujours. Heureusement pour nous, David Jacobson maîtrise un scénario parfaitement écrit et ne se perd jamais dans une psychologie facile et racoleuse. Voyez Down in the Valley. Quand vous croiserez un homme chaussé de bottes et coiffé d’un stetson, vous verrez sans doute en lui Harlan et ses illusions perdues. |
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