Accueil Divertissement
 
 
JDM

FONDS SPÉCIAL

Le cinéma québécois au bord de la crise

Maxime Demers
Le Journal de Montréal
08-06-2006 | 07h33

On demande d'urgence à Ottawa la création d'un fonds spécial de 20 M$.

Pour contrer la crise qui le menace, le milieu du cinéma québécois se mobilise et demande à Ottawa une mesure d'urgence de 20 millions de dollars pour que plus de films québécois puissent être financés.

Une coalition formée d'une trentaine de producteurs, réalisateurs, distributeurs et acteurs avait même planifié un voyage en autobus à Ottawa ce matin pour défendre sa cause à la ministre du Patrimoine canadien Bev Oda.

Le voyage est finalement tombé à l'eau puisque, faute de temps, la ministre ne pouvait les recevoir. Elle a proposé de les rencontrer le 21 juin mais rien n'a encore été fixé.

Le comédien Pierre Lebeau, les réalisateurs Francis Leclerc (Mémoires affectives), Émile Gaudreault (Mambo Italiano), Luc Dionne (Aurore), les distributeurs Patrick Roy et Guy Gagnon (Alliance Atlantis Vivafilm) ainsi que les producteurs Roger Frappier, Denise Robert et Pierre Even (C.R.A.Z.Y.) devaient être du groupe.

Le cinéma québécois ne s'est jamais porté aussi bien mais le problème, selon eux, c'est qu'il manque d'argent pour qu'il continue à se développer et à s'épanouir.

4,5 M$ pour 33 projets

Téléfilm Canada a reçu pour son dernier dépôt, le 23 mars, 33 projets de films (dont le prochain de Denys Arcand). Or, le gouvernement n'a que 4,5 millions de dollars à offrir. Avec si peu, seulement trois ou quatre films auront le feu vert et pourront être tournés dans les prochains mois. L'organisme doit donner ses réponses la semaine prochaine. C'est pourquoi les décideurs du milieu tenaient à rencontrer la ministre au plus vite.

«Il n'y a pas assez d'argent, donc il y a plein de bons projets qui ne se feront pas ou qui devront attendre encore des mois ou même des années», déplore Patrick Roy, vice-président chez Alliance Atlantis Vivafilm.

«Téléfilm Canada n'a pas augmenté le fonds depuis des années, mais en même temps, les coûts de production augmentent et le nombre de films se multiplie», indique de son côté Denise Robert, productrice chez Cinémaginaire (Les Invasions barbares, Maurice Richard). On est très reconnaissants de ce qu'on a reçu jusqu'à maintenant, mais l'industrie a grandi, elle est en pleine forme, et il faut la nourrir. «

Crise à l'horizon

Les répercussions de ce problème pourraient se faire sentir dès cette année. Comparativement aux trois dernières années, moins de films québécois ont pris l'affiche (ou prendront l'affiche) en 2006.

Résultat : si la tendance se maintient, selon Patrick Roy, les parts de marché du cinéma québécois pourraient chuter à 18 % en 2006. En 2005, les parts de marché des productions d'ici avaient atteint un chiffre record : 26 %.

En entrevue avec Le Journal de Montréal il y a trois semaines, le producteur Roger Frappier (La Grande Séduction, Le Déclin de l'empire américain) soulignait que le temps d'écran en salle était passé de 18% à 8% cette année. Une réduction qu'il expliquait par le manque de films québécois offerts depuis le début de l'année.

Création d'emplois

haut