FESTIVAL DE CANNESDa Vinci Code: un vrai régalDenise Martel Le Journal de Québec 17-05-2006 | 09h25
Bien sûr, l'intrigue est extrêmement complexe et ceux qui n'ont pas lu le roman de Dan Brown ont tout intérêt à être attentifs. Histoire d'être en mesure d'enregistrer au fur et à mesure ce qui se joue sous leurs yeux et d'apprécier pleinement le film qui, pour les autres, provoquera un immense plaisir pendant deux heures et demie.
Grâce à la superbe bande sonore de Hans Zimmer, la tension s'installe dès la première seconde, avant même que le générique d'ouverture n'apparaisse à l'écran, et accompagne les spectateurs jusqu'à la toute fin.
Le film est captivant de la première à la dernière scène avec, en plus, quelques pointes d'humour qui viennent ajouter un peu de saveur au récit, qui n'en manquait déjà pas. ::encart:: Étrange message
Tout commence par le meurtre du conservateur Jacques Saunière (Jean-Pierre Marielle) dans la Grande Galerie du musée du Louvre. Avant de mourir, celui-ci a le temps d'écrire un message codé en lettres de sang.
De passage à Paris pour une conférence, l'éminent professeur de symbologie de l'Université Harvard Robert Langdon (Tom Hanks) est appelé sur les lieux, soi-disant pour aider les policiers à tenter d'y voir clair.
En fait, l'inspecteur Bézu Fache (Jean Reno) le considère ni plus ni moins comme son principal suspect.
Prévenu de justesse par une jeune cryptologue au service de la police française, Sophie Neveu (Audrey Tautou), Langdon ne comprend toujours pas ce qui lui arrive quand il se voit forcé de fuir avec la jeune femme.
Le duo n'aura d'autre choix que de se lancer dans une enquête ponctuée de rebondissements de toutes sortes, mais surtout d'énigmes plus savantes les unes que les autres, qui devraient les mener à élucider le mystère du Saint-Graal qui oppose, depuis des siècles, l'Opus Dei et le Prieuré de Sion.
Images éloquentes
Le film est très fidèle à l'esprit du roman dont il respecte, grosso modo, le découpage.
Le plaisir vient en grande partie du fait que le film montre, en gros plan et en couleurs, tout ce qu'on a tenté de voir, dans notre imagination, en lisant le livre.
De plus, le réalisateur Ron Howard a recours aux flash-back, qui prennent pratiquement l'apparence de vieux films d'archives, pour montrer les séquences faisant référence à l'Histoire sainte, plutôt que se limiter à les faire expliquer par Langdon ou Sir Leigh Teabing (Sir Ian McKellen), un spécialiste des arts obsédé par le Prieuré de Sion.
Coup de génie
Mais le véritable coup de génie de Ron Howard est de nous montrer, un peu comme il le faisait dans Un homme d'exception, ce qui se passe dans la tête des principaux personnages.
Aussi bien dans le cas de Sophie Neveu que dans celui de Landgon ou du moine meurtrier Silas (Paul Bettany).
Par contre, l'Opus Dei, décrit comme une secte intégriste et meurtrière, hurlera sans doute encore plus fort après la sortie du film qu'après celle du roman.
La distribution est impeccable et les acteurs excellents, en particulier Sir Ian McKellen, dont les mimiques, toujours subtiles, sont tout simplement jouissives.
Tom Hanks est encore une fois à la hauteur des attentes, tandis que la jeune Audrey Tautou relève très habilement le défi.
Un film à voir autant pour le plaisir que pour la tension qu'il génère.
Da Vinci Code
Un film de Ron Howard avec Audrey Tautou, Tom Hanks, Paul Bettany, Jean Reno, Alfred Molina, Sir Ian McKellen et Jean-Pierre Marielle.
À l'affiche vendredi. |