LINE BEAUCHAMP«Notre cinéma doit être vu de plus en plus sur les grands écrans d'ailleurs»Manon Guilbert 15-05-2006 | 09h49
«Les gens peuvent penser que je vais me balader sur la Croisette ! lance-t-elle. Mais ce n'est pas tout à fait le cas.»
Line Beauchamp prend à coeur la responsabilité «incontournable» de soutenir la culture du Québec. Pour elle, son rayonnement est aussi une source de fierté. «C'est important d'accompagner les véhicules comme le cinéma, précise-t-elle. Notre avenir, non seulement culturel mais aussi économique, passe par là. Quand on qualifie de notre cinéma d'innovateur, on ne se trompe pas et, pour cette raison, il doit être vu par le plus grand nombre de personnes dans les pays étrangers.»
Les différents festivals internationaux sont autant de portes à ouvrir. À Cannes, madame Beauchamp entend reprendre avec monsieur Thierry Frémaux, délégué général du festival et aussi directeur général de l'Institut Lumière, à Lyon, les discussions entamées en novembre dernier pour laisser une large place aux cinéastes d'ici.
«Les festivals sont autant de cartes de visite qui permettront aux cinéphiles étrangers de découvrir notre cinéma, par le biais de rétrospectives par exemple. Depuis dix ans, la Semaine du cinéma québécois à Paris voit son nombre de spectateurs augmenter.
«Grâce au dépôt obligatoire des oeuvres cinématographiques à la Cinémathèque québécoise, depuis le 31 janvier 2006, il sera plus facile en ce sens de peaufiner des ententes avec la Cinémathèque de Paris. Plusieurs rencontres sont prévues avec le ministre de la Culture français et ses sous-ministres. Mon objectif est de réunir tous les éléments pour maximiser notre rayonnement. Notre cinéma doit être vu de plus en plus sur les grands écrans d'ailleurs.»
Nos festivals : une réflexion
Ce voyage diplomatique ponctue une année chargée en rebondissements. Nos festivals ont vécu d'importantes crises qu'elle a qualifiées de «cafouillages». L'échec du FIFM, organisé par Spectra, qu'on connaît pour ses succès avec le Festival international de jazz de Montréal et les FrancoFolies, a ébranlé la métropole et le milieu cinématographique. Si elle admet une responsabilité partagée de son gouvernement avec les différentes instances dans le processus d'appel d'offres, elle a pris les moyens pour que tout se réajuste dès l'automne prochain.
«Il y a toujours eu différents festivals du film à Montréal, dit-elle. Fantasia, Festival du nouveau cinéma, le FFM, et j'en passe. Tous peuvent cohabiter et la métropole doit être fière de cette succession d'événements consacrés au cinéma. Nous souhaitions associer un marché associé au festival. Il y a eu des failles.
«Cette année en est une de réflexion, commente-t-elle. Les stratégies doivent changer. Doit-on choisir de présenter un seul festival ou plusieurs ? Nos façons de faire sont remises en question. La Commission nationale du cinéma et de la télévision, composée des gens du milieu, doit revenir avec ses propositions à l'automne. J'estime que ces gens sont les mieux placés pour évaluer cette réalité», conclut-elle.
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