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Le Torrent - Laurence Leboeuf rayonnante
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Laurence Leboeuf

LE TORRENT

Laurence Leboeuf rayonnante

Véronique Harvey
19-10-2012 | 13h03

MONTRÉAL - Le cinéaste Simon Lavoie (Le déserteur, Laurentie) a choisi de porter l’univers de l’écrivaine Anne Hébert au grand écran dans son plus récent long métrage, Le Torrent, et c’est à Laurence Leboeuf qu’on a confié le rôle d’Amica, la belle Amérindienne porteuse de lumière.

Laurence, parle-nous de ton rôle dans le film Le Torrent?

Je fais le rôle d’Amica, qui a un passé un peu obscur. On ne sait pas trop d’où elle vient. Oui, on sait qu’elle est Amérindienne, mais en même temps, on ne sait pas si elle a été élevée par les Amérindiens. Elle est nomade, se promène un peu partout et est un peu sauvage. Elle fait la rencontre de François [le personnage principal, interprété par Victor Andrés Trelles Turgeon] et devient une petite boule de lumière perdue dans un monde étrange. C’est quelqu’un qui est en grande communication avec la nature et avec les animaux. Elle a une sorte de sixième sens, une sensibilité par rapport à ce qui l’entoure, parce qu’elle a vécu dans le bois pratiquement toute sa vie.

Qu’est-ce qui t’a séduite dans ce rôle?

Premièrement, en lisant le scénario de Simon Lavoie, je suis tombée des nues. Je trouvais que c’était une poésie sans fin, j’ai trouvé magnifique l’histoire de la quête de François et que tout se passe dans le silence. J’ai seulement deux répliques, donc tout se passe dans les moments de silences, dans les regards, dans les gestes et ça m’a attirée, de faire ça. C’est une histoire magnifique.

Quel a été ton plus grand défi?

C’est sûr que l’équitation, ç’a été quelque chose de très difficile. J’ai dû apprendre à faire du cheval sans selle, au galop. Tout l’été d’avant, je me suis entraînée avec une entraîneuse sur cet étalon immense. J’avais déjà fait du cheval avant, mais jamais comme ça. J’ai dû apprendre avec une selle, ensuite enlever la selle, avec tapis, sans tapis, avec une laisse, sans laisse… J’ai appris à faire du travail sur le terrain aussi, appris à dompter le cheval et à prendre ma place, parce que c’est un étalon assez sauvage et c’est un vrai mâle… Il fallait que j’apprenne à prendre position pour être confortable pendant le tournage. Sinon, c’est sûr que de faire des scènes sans paroles, c’est un beau challenge.

En effet, Amica est une femme de peu de mots et, quand elle s’exprime, c’est dans une autre langue. Laquelle exactement?

On parle l’innu. J’ai eu un coach pour ça, pour toutes les répliques, mais j’ai quand même une bonne oreille et, vu qu’il n’y avait que quelques phrases et qu’on avait pratiqué avant, ce n’était pas si pire. Sur le plateau, la coach était là et elle me répétait les phrases quelques fois avant la scène, alors c’était frais dans mon cerveau.

Quelle scène a été la plus marquante pour toi?

Ma scène avec le cheval. Ce qu’on voit à l’écran, ce n’est pas long, un tour ou deux, mais j’ai passé environ deux heures assise sur le cheval à tourner cette scène-là. Il s’est passé une symbiose avec ce cheval, une symbiose dont j’espérais qu’elle se produirait pendant le tournage. J’ai vraiment vécu un moment exceptionnel, je me sentais en contrôle, je le dominais, j’étais à l’aise. Pour moi, ç’a vraiment été un moment de grâce, vraiment particulier.

Le Torrent, en salle le 26 octobre

 

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