SANDRINE BONNAIREUn personnage déjà en elleDenise Martel Le Journal de Québec 30-08-2009 | 08h59
QUÉBEC | Lumineuse interprète dans Joueuse, qui arrive sur nos écrans vendredi, Sandrine Bonnaire soutient qu'elle n'a pas eu besoin de se glisser dans la peau du personnage d'Hélène parce qu'elle l'avait pratiquement dans la peau.
«En fait, ça s'est fait assez naturellement parce que j'accompagnais le projet depuis sa naissance. J'avais fait la connaissance de la réalisatrice Caroline Bottaro lorsqu'elle avait écrit le scénario de C'est ça la vie, de Jean-Pierre Améris, et nous sommes devenus amies. Quand elle m'a proposé le rôle d'Hélène, il y a cinq ans, j'ai tout de suite embarqué dans le projet. J'ai eu l'occasion de lire plusieurs versions de scénario, jusqu'à la version finale», raconte l'actrice, jointe à Angoulême, où elle préside le jury du Festival du film francophone.
Au passage, elle souligne qu'il y a quelques films québécois au programme, dont C'est pas moi, je le jure!, de Philippe Falardeau, qu'elle avait vu la veille. «C'est un joli film, touchant», se contente-t-elle de dire d'une voix un peu hésitante, tenue à la discrétion en tant que membre du jury et visiblement heureuse de ramener la conversation à Joueuse, et surtout à Hélène.
Combativité«C'est son envie de raviver son parcours, de booster son destin, de prendre des risques qui m'ont fait craquer. Hélène est une femme combative qui va au bout de sa passion et celle-ci la fait grandir, en plus de faire grandir son mari et ceux qui l'entourent. Se sentant un peu isolée sur son île, elle se rend compte qu'elle a tout mis de côté et reprend son destin en mains. Mais attention, ce n'est pas du tout une femme soumise. Si elle se trouve là, c'est vraiment par choix», insiste Sandrine Bonnaire au bout du fil. «D'ailleurs, pour moi, Joueuse n'est pas un film sur les échecs (le jeu), mais sur le non-regard de son mari et des autres», ajoute-t-elle en précisant que la réalisatrice ne l'a dirigée que sur de petits détails. «Elle me connaît bien et elle a plutôt cherché à faire ressortir ce qui était moins Sandrine, en mettant de l'avant une forme de bilan sur ma carrière.» «C'est vrai que le personnage d'Hélène a plusieurs visages, dont certains rappellent des rôles que j'ai joués. Au début, on peut penser à La cérémonie (Claude Chabrol, 1995); il y a aussi un peu de Mademoiselle (Philippe Lioret, 2001); et, dans le générique de la fin, il y a un clin d'oeil à Maurice Pialat et À nos amours, mon premier film (1983)». À défaut d'avoir souligné ses 25 ans de carrière, elle ajoute en riant qu'elle compte bien fêter ses 50 ans... À 42 ans, Sandrine Bonnaire a joué dans au moins 43 longs-métrages, dont Monsieur Hire, Sans toit ni loi, Le cou de la girafe et Confidences trop intimes, en plus de réaliser Elle s'appelle Sabine, un documentaire sur sa soeur autiste. |