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Les pieds dans le vide - La grande aventure de Mariloup Wolfe
© Le Journal de Montréal, Alain Décarie
Mariloup Wolfe sur le plateau de tournage de son premier film, Les pieds dans le vide.

LES PIEDS DANS LE VIDE

La grande aventure de Mariloup Wolfe

Carolyne Marengo
06-08-2009 | 15h00

29 jours et un peu plus de 4 millions de dollars, voilà ce dont disposait Mariloup Wolfe pour tourner son premier film, Les pieds dans le vide.

C’est le cas de le dire, la comédienne et réalisatrice s’est lancée dans le vide pour cette première expérience, complexe, à titre de réalisatrice d’un long-métrage. Une grande aventure qu’elle qualifie d’hyper enrichissante puisqu’elle lui a permis d’apprendre beaucoup sur le métier de cinéaste.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile lors du tournage des Pieds dans le vide?

Par le passé, j’avais surtout acquis de l’expérience dans la dramatique. La direction des comédiens s’est bien déroulée. J’aimais aussi l’aspect esthétique et c’était facile pour moi. En revanche, tout ce qui concernait les cascades et les sauts en parachute était complexe. Le fait de raconter une histoire, de suivre l’évolution des personnages… Cela faisait beaucoup de choses à gérer pour une première expérience. On a tourné un saut de base jump (NDLR: Un saut de parachute réalisé depuis une surface ancrée au sol) à partir de la tour de la Bourse de Montréal. On ne pouvait faire que peu de prises. C’était beaucoup de pression. Il fallait vraiment être déterminé et s’assurer que la position des caméras était bonne avant de passer à l’action.

Jour après jour, chaque minute, j’ai appris à devenir zen. Je ne regardais plus l’ensemble du travail que je devais accomplir. Je me concentrais sur une chose à la fois. Au départ, je n’avais pas réalisé à quel point je m’étais embarquée dans une grande aventure. Si j’en avais pris conscience, je ne crois pas que j’aurais abordé le film de la même façon. Peut-être ne l’aurais-je même pas réalisé! C’est beau, la candeur!

Laurence Leboeuf et Éric Bruneau ont été doublés par des parachutistes lorsque vous filmiez les sauts. Pourtant, on jurerait que ce sont les comédiens originaux qui passent à l’action. Comment a été réalisé le trucage?

Tous les comédiens étaient suspendus à une grue avec des harnais, dans le ciel. On avait des ventilateurs au sol et on les filmait. Au montage, j’ai dû enlever les cordes des harnais. Le fait que Guillaume (Lemay-Thivierge) ait réellement sauté m’a beaucoup aidé. Je n’étais pas obligée de tricher au montage et cela amenait du réalisme dans le film. Du même coup, les sauts des autres comédiens avaient l’air vrais. Guillaume a seulement été doublé pour le saut de base jump fait à partir de la tour de la Bourse. Au moment de tourner, il n’avait pas encore essayé cette discipline.

Comment était-ce de diriger ton amoureux, notamment quand il a partagé une scène d’amour avec Laurence Lebœuf?

Je ne suis pas très jalouse à la base. Je ne peux pas me le permettre non plus, sinon je ne ferais pas cela. Aussi, si j’ai choisi Laurence, c’est que je l’aime, que j’ai confiance en elle. Ça s’est super bien passé. J’étais très rassurante, je voulais qu’ils se sentent bien tous les deux pour pouvoir livrer la marchandise. Quand tu es rendue là, honnêtement, tu penses juste à ton film (rires). Tu veux que ce soit une belle scène, que ce soit réaliste. De plus, j’ai déjà participé à des scènes de ce genre et je sais que ce n’est pas intime. Toute l’équipe est présente. Ils n’étaient pas seuls et c’est moi qui les regardais, je savais ce qu’ils faisaient (rires). J’imagine que c’est Laurence qui devait être plus gênée de se faire diriger par moi. En même temps, je suis une femme réalisatrice alors c’était plus confortable pour elle de se dévoiler un peu. C’est rapide, ses cheveux cachent un peu… Je l’avais mise en confiance. Le but n’était pas de la montrer nue simplement pour la montrer nue. Je lui avais promis que je lui ferais approuver la scène une fois montée. On a filmé cela le mieux possible, avec un grand respect, une belle lumière, très tamisée. La scène est même poétique à la limite.

La scène de nudité était-elle inscrite dans le scénario?

Au scénario, ce n’était pas très explicite. Je trouvais important qu’il y en ait un peu, sans trop en dévoiler. D’ailleurs, dans une autre scène, soit le lendemain d’une nuit d’amour, Laurence a son soutien-gorge et ça m’énerve. Je l’ai laissée le porter par pudeur. À un moment donné, je me disais «Pauvre Laurence, je ne veux pas quelle soit toujours nue». D’un autre côté, ça m’énervait parce que ce n’est pas la réalité. Tu ne fais pas l’amour avec ton soutien-gorge. Je trouvais que ça faisait trop film, trop placé, irréel. Dans le film, on traite d’une génération de jeunes de façon réaliste. Ils fument, ils boivent, ils baisent. Je n’avais pas envie de montrer une génération propre. J’avais envie de nous, de me retrouver là-dedans, et de pousser la crédibilité des personnages. Voilà pourquoi les personnages se cherchent aussi dans le film.

Après avoir réalisé un long métrage aussi complexe, tu es maintenant prête à réaliser des films d’action…

Merci! Je travaille sur d’autres scénarios. L’un d’entre eux est plus dramatique. Les scénarios qu’on m’a proposés ne sont pas des films d’action. Toutefois, je vois toujours une part de défis en eux. L’un comporte beaucoup d’effets spéciaux. Ce n’est pas un projet de science-fiction, mais il y a des visions et je n’ai aucune idée de comment tourner cela. À chaque lecture de scénario, je réalise n’avoir jamais tâté certaines choses. C’est normal, bien sûr, parce que je n’ai pas encore beaucoup d’expérience dans la réalisation. Toutefois, ces défis me stimulent. C’est comme si je retombais à zéro, que tout était à refaire, et j’aime ça honnêtement!

Le premier long métrage de Mariloup Wolfe, Les pieds dans le vide, sort en salles le 12 août. Il met en vedette Guillaume Lemay-Thivierge, Laurence Leboeuf et Éric Bruneau. Le scénariste du film, Vincent Bolduc, y tient également un rôle.

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