EMMANUEL AUGERToujours partantVanessa Guimond 21-11-2008 | 19h29
Le comédien Emmanuel Auger a participé lundi dernier à un vélothon organisé par son ami et collègue Sébastien Delorme dans le but d’amasser des fonds pour la Mission Sourires d’Afrique qui aura lieu au Mali en février 2009. Après avoir parcouru une distance de 40 kilomètres sur son vélo stationnaire, l’acteur a profité d’un moment de répit bien mérité pour reprendre son souffle et se confier sur ses prochains projets. Entrevue avec un homme généreux qui considère la pratique de son métier comme étant un privilège. Comment le vélothon s’est-il déroulé pour vous? Je ne pensais pas que ce serait aussi difficile que ça. J’ai fait 40 kilomètres aujourd’hui, mais je hais les vélos. Je ne pensais pas être capable de relever le défi, alors je suis vraiment heureux. Comme plusieurs de mes amis ont participé à l’événement, il y a avait un petit esprit de compétition entre nous (rires). Une chance qu’il y avait un entraîneur personnel en avant pour me motiver! Pour quelles raisons souhaitiez-vous participer à un événement-bénéfice comme celui-ci? Peu importe la cause, je suis toujours partant. Je participe à beaucoup d’événements-bénéfices, puisque je suis impliqué dans plusieurs causes comme celle de la déficience intellectuelle et de l’autisme. J’ai souvent besoin que les gens viennent m’appuyer dans les événements auxquels je participe, alors quand Sébastien m’a demandé de venir participer à son vélothon, je n’ai pas hésité à accepter. C’est normal d’appuyer ses amis. Sébastien est un vieux chum, nous avons étudié le théâtre ensemble et je l’apprécie beaucoup. En plus, c’est l’fun pour nous d’avoir une occasion de tous se retrouver. J’ai revu plusieurs amis que je ne vois plus aussi souvent qu’avant. Malheureusement, comme nous avons tous des activités distinctes et une vie de famille, ça devient de plus en plus difficile de nous retrouver. C’est aussi pour cette raison que je suis très heureux d’être ici aujourd’hui. Sur quels projets travaillez-vous en ce moment? Dernièrement, mon plus important projet et celui qui me demande le plus de temps, c’est mon garçon. Par contre, je fais aussi un peu de promotion pour la série Lance et compte qui sera diffusée sur les ondes de TVA dès le mois de janvier. Je fais aussi la promotion de Transit, le film, un long métrage qui a été tourné l’année passée. Le film met en vedette Julie Du Page, Luc Morissette et Christian De La Cortina. J’y interprète le rôle de Legris, un expert en fiscalité. Ce qui me plaît beaucoup de ce film, qui sortira en salles en janvier 2009, c’est que c’est une œuvre indépendante très réussie malgré le fait qu’elle a été produite avec un très petit budget. C’est un film qui parle d’une entreprise criminelle qui se spécialise dans le vol de voitures de luxe. En fait, il y a beaucoup de références aux notions du bien et du mal. On nous démontre que la ligne entre les deux est parfois mince et que c’est très facile de basculer d’un côté ou de l’autre. C’est un beau film policier. C’est un projet qui nécessitait beaucoup de volonté vu les conditions dans lesquelles il a été réalisé. Que pensez-vous de la situation actuelle du cinéma et de la télévision au Québec? Je considère que les deux milieux sont en crise. Ce n’est pas uniquement le cinéma qui souffre au Québec. Personnellement, je considère que la télévision offre en général un produit de qualité médiocre. Il y a de bonnes émissions, mais elles sont rarissimes si l’on considère qu’il y a quelques années, il fallait chercher celles qui étaient mauvaises. Aujourd’hui, il y a peut-être deux ou trois bonnes séries, tous diffuseurs confondus, qui accrochent vraiment les gens. Nous connaissons tous la situation économique actuelle. Il y a moins d’emplois et malheureusement, ça crée un certain phénomène où se sont toujours les mêmes qui se retrouvent en tête d’affiche. Ce sont des valeurs sûres pour les producteurs, et honnêtement, je me mets à leur place et je les comprends. C’est par contre dommage pour les acteurs moins connus, parce qu’ils en souffrent énormément. Le domaine des arts est souvent négligé. Nous aimons les produits artistiques, mais nous ne sommes pas prêts à payer pour. J’espère que nous allons réussir à nous sortir de ce cercle vicieux un jour. Je me considère vraiment chanceux, car j’ai le privilège de pouvoir travailler continuellement. J’ai tout simplement été chanceux de participer à des projets qui ont accroché les gens. Je trouve ça tout de même dommage pour les autres. |