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© Le Journal de Montréal |
Michel Côté |
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EXCLUSIF
Cinq questions à…
Michel Côté
Propos recueillis par Pascale Gauthier
26-06-2008 | 04h00
Michel Côté a sans doute séduit le public par sa grande polyvalence. Il nous a fait rigoler avec des personnages très physiques et caricaturaux tels que l'extraverti Jean-Lou de la série
La Petite Vie ou plus nuancés mais non moins sujets à comédie, comme dans
La vie après l'amour et il a su nous émouvoir notamment dans le drame
Ma fille, mon ange.
Mais surtout, l'acteur a pris part à des projets qui ont certainement marqué notre paysage culturel : l'increvable pièce Broue, qui a traversé les générations depuis sa création en 1979, les quatre saisons d'Omertà, qui a inauguré la vague des téléséries au Québec, et bien sûr, l'incontournable Cruising Bar.
Le succès de cette comédie a finalement donné lieu à une suite, qui fera ce vendredi son entrée, fort attendue, dans nos salles obscures. Près de deux décennies plus tard, Michel Côté s'est ainsi glissé à nouveau dans la peau de ces quatre anti-héros séducteurs, devenus quinquagénaires. Loin de se reposer sur ses lauriers, l'acteur entamera bientôt le tournage de De père en flic, prochaine comédie dramatique d'Émile Gaudreault où il partagera la vedette avec l'humoriste Louis-José Houde. Rencontre au vol sur le tapis rouge du très attendu Cruising Bar 2.
Près de deux décennies après le premier Cruising Bar, où avez-vous puisé vos idées pour ces nouvelles situations que vivent vos personnages?
Depuis l'âge de 10 ans j'observe beaucoup les gens. J'ai toujours aimé ça. Donc, j'ai fait beaucoup d'observation. J'ai aussi eu une adolescence et je suis sorti avant de connaître ma femme, Véronique, et je suis sortie avec elle aussi. Il y a des choses qui ne changent pas.
Mais aussi, j'ai joué des meurtriers et je n'ai jamais tué personne; j'ai joué Jean-Lou dans La Petite Vie, qui était une grande folle, et je n'ai jamais été homosexuel... Un comédien, c'est ça! On puise dans notre imagination finalement, et la réalité dépasse la fiction. Je pense que je n'ai même pas exagéré. On a une écriture comique, et comme derrière toute comédie, un fond dramatique, vrai.
Comment se passait le travail sur le plateau avec votre femme, Véronique LeFlaguais, qui reprenait le rôle de l'épouse de Gérard dit le Taureau?
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24 heures, édition du jeudi 26 juin.
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Ça, c'était formidable. C'est une grande actrice, alors on n'avait pas besoin de répéter beaucoup. C'était comme automatique. On embarquait dans la scène, et tout allait de soi. Les journées où elle ne tournait pas, elle venait sur le plateau pour me supporter, m'aider.
Après le gros morceau que fut C.R.A.Z.Y. dans votre parcours, l'année 2005 a été pour vous une année sans tournage. Était-ce dû à une décision personnelle?
Il n'y avait pas de projet qui m'intéressait suffisamment. Aussi, j'ai fait toute la promo pour C.R.A.Z.Y. Alors j'ai voyagé, je suis allé à Barcelone, à Mexico, à Madrid, à Venise, à Marrakech, tout ça pour ce film-là! J'ai été invité à plein d'autres endroits où je n'ai pas eu le temps d'aller, comme le Burkina Faso. J'aurais pu faire 80 pays si j'avais eu le temps! On est invités partout quand on a un succès international comme ça, c'est génial. Alors j'étais bien content de pouvoir en profiter.
Donc pendant cette année-là, j'ai fait ça, puis est venu le projet de Ma fille mon ange, alors j'ai préparé ça... On devait commencer à tourner ce film à l'automne 2005, mais finalement ça a été retardé.
C'est vrai que C.R.A.Z.Y. a été un gros morceau. La pièce Broue vient évidemment au premier plan dans ma carrière : on parle de 2 871 représentations! Le film Crusing Bar, ça venait tout de suite après. Maintenant, on me parle bien sûr beaucoup de C.R.A.Z.Y.
Si l'on pense aux deux succès que sont la pièce Broue et le film Cruising Bar, peut-on dire que les thèmes et messages qu'ils véhiculent sont en lien direct?
Broue, c'est une étude sociale très importante, c'est du Pagnol québécois. Ce sont des personnages qui passent leur temps à mentir à leurs amis à la taverne, à dire qu'ils sont rois et maîtres chez eux. Finalement, ce sont de gros sensibles qui ne contrôlent absolument rien. Ce sont un peu des aliénés sociaux, vulnérables, extrêmement touchants, et qui ont de la répartie, qui sont drôles...
Crusing Bar, ça recoupe un peu ça... Et la suite est la continuité du premier film. Là aussi, on a des écorchés, des hommes qui sont à la poursuite de l'amour. Parce que ça, c'est éternel : le besoin d'être aimé et d'aimer quelqu'un, avec tout ce que ça comprend comme magouille, comme mensonge, comme malaise, avec les premières peurs...
On a aussi des personnages moins gâtés par la nature. On est loin d'englober tout, mais on ratisse quand même assez large. Il y a une partie de la faune humaine, de la faune masculine. Dans chaque personnage, il y a des éléments ramassés à gauche et à droite, que certains hommes vont retrouver chez eux.
Jouer la comédie est-ce vraiment différent pour vous que de travailler le drame , ou cela demande une préparation similaire?
C'est même beaucoup plus sérieux pour la comédie, mais on dirait que les gens ne nous croient pas. On a l'impression qu'on embarque sur le plateau ou sur scène et qu'on fait les fous. Mais c'est tellement précis, c'est une horlogerie suisse!
Sur scène, si on est un dixième de seconde trop tôt ou trop tard, il n'y a pas de rire, et s'il manque ce rire qui correspond à une espèce de progression pour arriver à un vrai punch, le vrai punch ne marchera jamais parce qu'on a manqué la première marche. Vraiment, il n'y a pas de travail plus minutieux que la comédie.
Le drame, je ne dis pas que c'est facile; pleurer, c'est toujours difficile à jouer, mais c'est le même travail. Si tu fais une comédie, tu vas travailler sérieusement. Moi, je joue ces personnages-là comme si je jouais un drame. C'est la situation qui fait rire. Il faut que ce soit vrai. On est sérieux, mais dans une situation qui fait que ce sera drôle.
Dix-neuf ans après la sortie de Cruising Bar, Michel Côté se glisse à nouveau dans la peau de Patrice dit le Lion, Gérard dit le Taureau, Jean-Jacques dit le Paon, et Serge dit Le Ver de Terre. Coécrit par Robert Ménard, Michel Côté et Claire Wojas, et coréalisé par Robert Ménard et Michel Côté, Crusing Bar 2 sera à l'affiche dans nos cinémas dès demain.