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PHOTO LE JOURNAL |
Le comédien Michel Côté |
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MICHEL CÔTÉ
«C’est fou comme ce film a marqué les gens…»
par Maxime Demers
Le Journal de Montréal
21-06-2008 | 04h00
Depuis plus de 15 ans, c’est la
même histoire: chaque fois qu’il
rencontre le public à l’occasion
de la sortie d’un nouveau film,
Michel Côté se fait aborder par au
moins une personne qui lui parle de
ses quatre rôles dans Cruising Bar.
«Les gens qui viennent me voir pour me parler ne me
disent pas bravo pour C.R.A.Z.Y. ou bravo pour Le Dernier
Tunnel. C’est immanquable, ils me disent: Toi, c’est
Cruising Bar. Ça, c’est écoeurant! C’est fou comme ce film
a marqué les gens...»
Cela dit, ce n’est pas seulement pour combler les (très
nombreux) fans du premier Cruising Bar que Michel Côté
a accepté de se glisser à nouveau dans la peau des quatre
dragueurs ratés. Il l’a fait aussi pour son propre plaisir...
«C’est du bonbon, pour un acteur, de jouer comme ça
quatre premiers rôles d’un film, lance-t-il. N’importe quel
acteur va sauter là-dessus et sera bien content. Hey, c’est
tripant: je suis dans toutes les scènes du film, j’ai toutes
sortes de scènes, je n’ai pas eu une minute de break pendant
le tournage. Bien sûr, c’est exigeant, mais c’est tellement
le fun!»
Lequel des personnages a-t-il retrouvé avec le plus de
facilité? «Les trois le fun: la démarche du Taureau, les expressions
faciales du Ver de terre et du Lion. Il y a juste le
Paon que je trouve moins sympathique. Il est fucké, moins
tripant à jouer, même s’il a quand même quelques scènes
comiques.»
RIEN N’A CHANGÉ
Près de 20 ans ont donc passé depuis que Gérard le Taureau
s’est fait prendre les culottes baissées par sa femme
et que Jean-Jacques le Paon s’est fait traiter de «bite molle» par une femme rencontrée dans un bar.
Le Taureau aime toujours autant courir la galipote, le
Paon s’admire toujours autant, le Lion s’est encore fait
larguer par sa blonde et le pauvre Ver de terre en arrache
toujours autant sur tous les plans.
Bref, même s’ils ont franchi le cap de la cinquantaine,
rien dans leur vie n’a vraiment changé.
«Beaucoup de choses ont changé dans la société depuis
19 ans, remarque Michel Côté. En 1989, il n’y avait pas de
cellulaires, pas de sites de rencontre sur Internet. Mais
les gens et les relations humaines n’ont pas changé. On ne
change pas en 20 ans. Ta femme peut t’avoir quitté, tu
peux avoir eu deux blondes différentes pendant cette
période. Mais l’éternel besoin d’être aimé et la game de la
cruise, ça, ça ne change pas.
«Sauf que la cruise à 50 ans, ce n’est pas la même chose
qu’à 30 ans. Le Lion, par exemple, qui sort dans le film
dans un bar à plus de 50 ans, a l’air d’un chien dans un jeu
de quilles. Il a l’air d’un vrai mononcle et il n’a pas d’affaire
là.»
Les quatre célèbres personnages de Cruising Bar ont
aussi gardé leurs nombreux défauts et tics. Tics? Michel
Côté n’est pas d’accord:
«La réalité dépasse la fiction, et personne ne va me
convaincre que ces personnages-là sont exagérés et qu’ils
ont des tics. Je défie n’importe qui de venir avec moi, je vais
leur en montrer des deux fois plus typés que ceux-là.
«Je vis très bien avec ces personnages; ils sont hyper réalistes
et même pas caricaturaux. Je sais qu’on peut croiser
pire qu’eux dans la rue tous les jours.»
Michel Côté sur...
LES QUELQUES POUCES DE MAQUILLAGE
QU’IL A DÛ SUBIR POUR INCARNER
CHACUN DE SES QUATRE PERSONNAGES
(SURTOUT LE TAUREAU):
© LE JOURNAL |
Un acteur en pleine transformation: «Ça ne faisait pas une heure que j’avais le maquillage dans la
face que je voulais déjà l’arracher.» |
«Le Taureau, c’est vraiment une oeuvre d’art
dans le film. C’est le résultat de plusieurs
heures de maquillage. Mais on n’a pas été
chanceux: on a commencé à tourner en pleine
canicule et ça ne faisait pas une heure que je
l’avais dans la face (le maquillage) que je
voulais déjà l’arracher. Et je savais que j’en
avais pour 12 heures par jour avec ça. Disons
que ce n’est pas si grave que ça, il y a des gens
dans le monde qui doivent vivre avec des
souffrances pas mal plus grandes. Mais je peux
dire que c’était un peu fatigant quand même...»
LES AUTRES ACTEURS DU FILM:
«À part pour Véronique (Le Flaguais), on a
pris la décision de ne pas prendre de vedettes
dans les rôles secondaires. Il y a beaucoup
d’acteurs très connus qui ont appelé pour dire
qu’ils voulaient jouer dans le film. Mais Robert
et moi, on s’est dit que si, dans une scène de
deux minutes, il y avait une vedette, ça ne ferait
que déconcentrer le spectateur et enlever
l’attention sur nos quatre personnages.»
L’HUMOUR DANS LE FILM:
«On a opté cette fois-ci pour un humour un
peu moins slapstick que dans le premier. On
voulait simplement placer la caméra devant
ces personnages et les regarder vivre un peu.
On a donc privilégié un angle plus humain, un
côté plus observateur de la société...»
SON TRAVAIL DE CORÉALISATEUR
SUR LE FILM, UNE PREMIÈRE
DANS SON CAS:
«Sur le plateau, c’est Robert (Ménard) qui
était le vrai réalisateur. Comme avec mes
quatre rôles, je ne pouvais pas être derrière la
caméra, j’ai juste aidé pour la direction des
autres acteurs. Mais sinon, je me suis impliqué
dans tout le reste, de l’écriture à la préparation
du tournage, en passant par les choix
artistiques et le montage.»
SUR LA POSSIBILITÉ
D’UN CRUISING BAR 3:
«S’il y en avait un troisième, il faudrait que
ce soit dans 10 ou 15 ans. Il faudrait que les
personnages soient rendus vieux. Des ti-vieux
qui cruisent, ça serait drôle, non?»