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© Le Journal de Montréal |
Rémy Girard |
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EXCLUSIF
Cinq questions à…
Rémy Girard
Propos recueillis par Pascale Gauthier
15-05-2008 | 04h00
Bien que le théâtre soit à la base de sa formation, Rémy Girard vous dira que c'est incontestablement le cinéma qui l'a mis au monde en tant qu'acteur, faisant sans doute référence au premier succès international de Denys Arcand,
Le Déclin de l'Empire Américain.
Effectivement, le comédien se sera par la suite littéralement incrusté dans nos écrans, grand et petit. Par cette enfilade de rôles dans bon nombre de nos téléséries, d'Urgence à Bunker : Le cirque, en passant par Scoop, Blanche et La petite vie, autant que par sa participation quasi ininterrompue dans le monde du septième art, Rémy Girard démontre une large palette d'interprétations. Truculent en Papa Bougon, bouleversant dans Les Invasions Barbares, l'interprète peut encore nous surprendre, comme avec cette dernière lubie de monter sur scène avec son frère Jean-Fernand pour livrer la poésie de Claude Gauvreau en chanson.
Au cours des mois passés, il aura tourné aux côtés du grand comique français Pierre Richard pour Le bonheur de pierre, dans le prochain Marc-André Forcier, soit Némésis, et sous la direction de Claude Meunier pour Le grand départ.
Dans un avenir très rapproché, l'interprète enchaînera avec le premier long métrage de Podz, Les sept jours du Tallion, et la prochaine comédie d'Émile Gaudreault, De père en flic.
Mais pour le moment, c'est dans la peau de Lucien Rivard, ce criminel québécois d'envergure qui aura discrètement marqué l'histoire, que Rémy Girard s'installe dans nos salles obscures, alors que le très attendu Le Piège américain prend l'affiche dès demain. Rencontre avec un homme chez qui la fébrile jeunesse n'est jamais bien loin.
Il y a eu déjà quelques projections publiques du film Le Piège américain. Avez-vous pu prendre connaissance des réactions des gens qui ont vécu cette époque?
Lisez les cinq premières questions posées à Rémy Girard en vous procurant le
24 heures, édition du jeudi 15 mai.
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Ça fait trois représentations qu’on a devant public, et les gens sont très, très positifs. Ils aiment beaucoup le film. Ils sont très fiers qu’on leur serve un film de cette facture-là, parce que ce n’est pas souvent qu’on a fait des films avec une facture plus nord-américaine, plus internationale. C’est une histoire qui se passe aux États-Unis, qui se passe en Indonésie, en Europe, mais qui implique aussi des personnages qui ont vécu ici. Donc les gens sont d'abord étonnés de ça, mais en même temps, ils sont fiers qu’on lève le voile sur un bout de l'histoire… Comme hier, à Ste-Adèle, il y a une femme dans la salle qui disait : « Je suis contente de voir un petit coin d’histoire qui a été révélé ». Pour nous, c'est de savoir un petit peu ce qui s’est passé, qu'on est des Nord-Américains finalement, donc on est impliqués dans cette histoire-là.
On dit que Charles Binamé, qui a réalisé Le Piège américain, est quelqu'un de très directif. A-t-il été fidèle à sa réputation?
Oui. Charles est toujours très précis dans ce qu’il demande aux acteurs. En même temps, ce que j’aime, c’est qu’il se laisse beaucoup de liberté sur le plateau. Il se laisse envahir par les éléments, par les événements, il s'adapte, et ça, c’est important. Mais c’est vrai que Charles est un réalisateur qui a son film dans sa tête. Quand il commence à tourner, c’est toujours fait avec une grande précision. Il va reprendre des scènes, « Bon on va le refaire, je voudrais plus d’émotion, plus de ça, moins de ça… ». Et il est capable de l’expliquer clairement aux acteurs. « C’est ça que je veux pour cette scène-là, et c’est comme ça que je veux ça… » Et ce qu'il veut, ce qu'il nous donne comme directives, ça se joue.
Comme d'autres de nos acteurs renommés, vous avez accepté de participer au premier film de Marc-André Lavoie et Simon-Olivier Fecteau, Bluff, qui a eu sa part de succès. Qu'est-ce qui vous a décidé à embarquer dans ce projet qui devait paraître fort incertain avec son très maigre budget?
C’est la folie de ces deux gars-là, de Simon et Jean-François. C’est cette folie que j’ai trouvé contagieuse. Quand ils m’ont abordé, ils m’ont dit qu'ils aimeraient que je joue dans leur film. Je leur ai demandé de m'envoyer le scénario et qu'on allait voir! Et ils m'ont répondu : « Ben, on n'a pas de scénario d’écrit encore, mais est-ce qu’on peut vous rencontrer? On aimerait ça vous rencontrer juste une heure. » J’ai dit ok. Alors on se rencontre, je m’assois avec eux dans le bureau de l’agence, et ces deux-là jouent le film devant moi, autour de la table, sans scénario! Après ça, je leur ai dit que j’embarquais! Je n’ai vraiment pas regretté. C’est vraiment un film fantastique. J’espère que pour leur prochain, ils vont avoir du budget. Parce que 300 000 dollars pour faire ça, c’est un miracle… Et les miracles, on ne peut pas en faire tous les jours.
Est-ce pour vous un regret de ne plus avoir de temps pour le théâtre?
Je fais moins de théâtre parce que je fais beaucoup de films, mais je n’ai pas dit non à ça. Habituellement, je pense que j'en fais aux deux ou trois ans… Mais cette année, j’ai préféré passer mon tour, parce que je me suis dit que si j’avais à remonter sur scène, ce serait avec mon propre spectacle, donc Rémy Girard enchansonne Claude Gauvreau, parce que je vais mettre plus d’énergie là-dessus, c’est normal. Mais je n’ai pas fermé la porte au théâtre, loin de là. Quand il y a des projets qui me tentent, j’y vais! Pour moi, le théâtre c’est différent, je trouve ça plus difficile la scène. Déjà avec le public, c’est immédiat. Je me considère comme un homme de cinéma, c’est le cinéma qui m’a mis au monde comme acteur, et il me le rend bien encore. J’aime la scène, mais j’aime aussi beaucoup être sur un plateau de tournage!
Il semble que vous ayez une grande passion autre que votre métier : la musique. Occupe-t-elle toujours une grande place dans votre vie?
Oui, la musique, j’en écoute beaucoup… vraiment beaucoup. Là, avec Rémy Girard enchansonne Claude Gauvreau, je me suis lancé dans ce spectacle en chanson, mais je ne me suis pas lancé EN chanson. Dans ma vie, il n’est pas question que je devienne chanteur! Mais la musique occupe une place primordiale dans ma vie, ça c'est sûr. J’ai déjà fait plus de musique que ça dans ma vie; quand j’étais plus jeune, je faisais partie de groupes… Mais là, j’ai peut-être perdu un peu le tour de jouer! C’est donc plus tranquille de ce côté maintenant, mais c’est toujours très important.