ALEXANDRE LE GRANDUne sacrée merde, Batman!Jim Slotek Sun Media 29-08-2007 | 11h45
West s’esclaffe chaque fois qu’il se remémore ce genre de scénario. « Bill et moi, on a tourné un pilote, lui avant de jouer Star Trek, moi Batman », lance au téléphone le croisé des Soixante, depuis sa résidence de l’Idaho. Adam West est attendu à Toronto ce week-end, à la gigantesque foire organisée pour ses fans au Centre des congrès. « Cela s’appelait Alexandre le Grand, et ça été le pire des essais merdiques jamais tournés, plaisante-t-il. On portait tout le temps des strings, on tuait des Perses, on courait dans le désert de l’Utah et on se payait des orgies avec des raisins en caoutchouc ! La distribution était fantastique – Joseph Cotten, John Cassavettes, des types formidables –, mais c’était le pire des scénarios jamais écrits. « Bill jouait Alexandre et moi le Général Cleander fou de vin, de femmes et de rengaines. Et il était évident, vu le plan de travail, qu’il serait star une semaine, moi la suivante, qu’on se remonterait le moral chacun son tour. « Ça me fait rigoler chaque fois que j’y pense. Pouvez-vous nous imaginer ensemble ? » lance-t-il avec des gloussements. Et pourtant West et son Robin, Burt Ward, sont devenus des personnages cultes de bandes dessinées, « les Laurel et Hardy de la chasse au crime », plaisante West. Et congrès après congrès, il rencontre d’autres acteurs dont un même personnage a fini par leur coller à la peau – depuis Star Trek, Star Wars, Le Seigneur des Anneaux, et bien d’autres. Chez West, ce qui fait la différence, c’est la réaction qu’il suscite dès qu’il ouvre la bouche. « Je ne suis pas automatiquement identifié à Batman, explique-t-il. Le plus surprenant, c’est que mes fans me pourchassent à travers les aéroports en criant : « Maire West », « Hé ! c’est le Maire ! » Il s’agit évidemment d’une allusion à ses 29 apparitions dans Family Guy où il prête sa voix au maire West de la ville fictive de Quahog. « Et pour les plus jeunes, j’ai des parents pas mal bizarres ! » plaisante-t-il en rappelant le dessin animé où il prête sa voix à un personnage appelé… heu… Adam West. Pour le reste, il continue de travailler. Il y a quelques semaines, il se trouvait à Vancouver pour tourner la parodie National Lampoo’s Ratko : The Dictator’s Son. « J’interprète le dictateur, lance-t-il moqueusement avec un accent d’Europe centrale. Mon fils étudie dans un collège américain, et je veux le tirer de là, alors je me rends aux États-Unis avec mes limousines et mes gardes du corps… Il se fait prendre avec une blonde collégienne et je crois que c’est une espionne. Alors j’essaie de le sortir de son école vétérinaire américaine.» Ça c’est une façon de vivre! À 79 ans, West a six enfants « qui ont tous quitté la nid paternel, précise-t-il, et font leur chemin, j’en suis sûr. Mais, voyez-vous, j’ai encore des hypothèques à rembourser, une maison ou deux et un ranch. Je dois encore de l’argent dans le coin. Car si vous ne devez rien à personne, c’est que vous ne savez pas vivre ! » West affiche un sens de l’humour parfois iconoclaste. Une autre biographie du célèbre acteur paraîtra bientôt sur sa carrière post-Batman : Bon, ces histoires de groupies sont plutôt gentilles, lui avons-nous fait remarquer, si l’on songe aux scandales d’aujourd’hui. Comment comparer Batsexe à une journée ordinaire dans la vie de Paris Hilton?
West approuve: « … un nouveau jour, encore un (bide) dans le (vide) » ; on pouffe.
Même si Ward a craché le morceau, West affirme s’entendre à merveille avec son compère. Leur dernière rencontre remonte à un an, pour une signature d’autographes. « Chaque fois, peu importe ce qui se passe dans la vraie vie, on s’éclate. Il me fait rire, je le fais rire et on se tord à fond comme deux idiots. »
Que pense-t-il de tous ces Batmans surgis sur les traces de West, depuis Michael Keaton jusqu’à Christian Bale ? « Il y a tellement de talent et d’argent associés à ces films, dit-il. Je me demande pourquoi ça n’a pas vraiment réussi. À mon avis, ils devraient imaginer une interaction plus humaine, plus d’humour, plus d’ironie et de chaleur. Alors peut-être que ça marcherait mieux. »
|