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© Photo Journal de Montréal |
Philippe Calderon espère pouvoir transmettre sa passion pour le fascinant monde des insectes avec
La Cité interdite, sa nouvelle fiction animalière. |
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LA CITÉ INTERDITE
En vedette: les insectes
Bruno Lapointe
Journal de Montréal
27-05-2007 | 10h44
Vous êtes-vous déjà demandé ce qui arrive
réellement lorsque vous marchez sur un nid de
fourmis? Ce sont ces émotions contradictoires de
fascination teintée de dégoût qui a fait naître en
Philippe Calderon une passion envers les insectes.
Après de nombreux documentaires, il présente
maintenant
La Cité interdite, une fiction animalière
mettant en vedette plusieurs centaines d’insectes.
«J’espère que le public éprouvera la
même fascination que la nôtre», lance
Philippe Calderon. Afin de partager
sa passion avec les cinéphiles, le
réalisateur a recours à la fiction
animalière.
Il s’agit là d’un nouveau genre en
pleine effervescence. Alors que plusieurs
dessins animés ont mis en scène
les aventures d’insectes, on permet
aujourd’hui à un public plus mûr de
découvrir la vie secrète des fourmis
et autres bestioles. Plutôt que de donner
dans le documentaire, on adopte
une approche résolument plus divertissante,
mais en gardant toujours ce
souci d’informer.
Trouver le bon compromis
«C’est un très bon compromis entre
la fiction et le documentaire»,
explique Philippe Calderon. Selon lui,
les insectes se prêtent particulièrement
bien à ce nouveau genre mettant
en scène des animaux qui ne sont
pas nécessairement ceux que nous
sommes habitués à voir au grand
écran. En effet, aucun être humain
n’apparaît dans La Cité interdite.
Insectes, reptiles et oiseaux se partagent
la vedette sans réelle direction.
De cette manière, Philippe Calderon
met à profit des années d’expériences
passées à la barre de documentaires.
C’est ainsi que le cinéphile est
témoin du quotidien de fourmis et de
termites. En plein coeur de la savane
africaine, chaque clan vaque à ses
occupations. Mais lorsqu’une pluie
torrentielle vient détruire le repère
des termites, les fourmis carnassières
préparent leur attaque, profitant de la
vulnérabilité de l’autre espèce. Leur
assaut donne lieu à une véritable
guerre à petite échelle à l’issue de
laquelle une des deux colonies sera
anéantie.
Le cinéaste est toutefois conscient
qu’un film mettant en vedette des
insectes n’attirera pas tous les
publics. Il tente par contre de capitaliser
sur les émotions contradictoires
suscitées par les bestioles sur les
gens. Philippe Calderon affirme
vouloir puiser dans cette répulsion
l’essence d’un spectacle grandiose.
Un exploit propre aux insectes
Mettre en scène un spectacle aussi
élaboré n’est pas de tout repos,
notamment avec des insectes au lieu
d’acteurs. Pourtant, le cinéaste a pu
se fier à la structure déjà rigoureuse
de chaque société d’insectes. Un
exploit qui n’aurait pas été possible
avec n’importe quelle espèce animale.
«Les insectes vivent en société et
ont la particularité d’avoir beaucoup
d’automatismes. Cela nous a permis
de découvrir la réalité de leur monde.
Ça a été plus simple de les diriger. On
a pu élaborer autour d’eux une véritable
fiction dramatique qui nous a
permis de les faire découvrir. En fait,
la mise en scène nous a permis de
mieux les observer. Ça devient
presque un documentaire scientifique», explique-t-il.
Le cinéaste français n’est d’ailleurs
pas convaincu que n’importe quelle
espèce du règne animal se prêterait
aussi bien au jeu que ses amies les
bestioles. Alors qu’il présentera plus
tard cette année La Rivière aux
castors, il a préféré se rabattre sur
une structure plus divertissante que
documentaire.
«La Rivière aux castors devient
une fable animalière plutôt qu’une
réelle fiction. Ce n’est pas fait pour
apprendre sur les castors, mais
bien pour offrir un spectacle»
explique-t-il.
Pour le cinéaste, la sortie de La Cité
interdite à Montréal représente un
événement de taille. En effet, la bande
sonore du film a été réalisée ici même,
dans notre métropole.
«Je suis très content de savoir que le
public montréalais aura maintenant
accès au film. J’ai pris beaucoup de
plaisir à travailler avec l’équipe québécoise
qui a assuré l’architecture
de la bande sonore. Vraiment, ce fut
un bel échange culturel», conclut
Philippe Calderon.
La Cité interdite prend l’affiche le
1er juin.