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Astro - Les aventures du futur
Les Films Séville

ASTRO

Les aventures du futur

par Marie-France Bornais
17-10-2009 | 04h00
Film d’animation basé sur le manga Japonais de Osamu Tezuka, la version française d’Astro met en vedette de Patrice Robitaille, Jacques L’Heureux, Hubert Gagnon, Anne Dorval, Pierre Brassard et Antoine L’Écuyer.

L’histoire se déroule au début du XXIe siècle dans la ville futuriste de Metro City, une mégapole de l’espace. Le professeur Tenma, un brillant savant, construit un robot à la mémoire de son fils, mort dans un accident de voiture. Il le dote de pouvoirs extraordinaires, mais le rejette lorsqu’il réalise qu’il n’a pas créé un être humain, mais un robot qui ne répondra jamais à ses attentes.

Astro, qui porte en lui l’énergie bleue, une source d’énergie positive, est pris en chasse par le président Stone, qui veut posséder à tout prix l’énergie bleue pour son robot, le Pacificateur, une créature mise au point pour assujettir la Terre.

Échappant à l’armée de Stone, le petit robot tombe sur la Terre et trouve refuge dans un groupe de jeunes Terriens vagabonds menés par Cora. Il rencontre Ham Egg, un scientifique qui recycle des robots mis à la ferraille pour construire des superrobots qui s’affrontent au cours de joutes sans merci.

Au cours de péripéties palpitantes, des voitures explosent et le superhéros au grand coeur finit par combattre la discrimination envers les robots. Ne se laissant jamais passer en premier, il se battra pour sauver les humains et accomplir sa destinée.

Dans la version originale, les voix sont assurées par Freddie Highmore (Astro), Nicolas Cage (le Dr Tenma), Kristen Bell (Cora), Donald Sutherland (le président Stone), Bill Nighy (le Dr Elefun), tandis que Charlize Theron assure la narration.

Dans la version doublée au Québec, le jeune Antoine L’Écuyer prête sa voix à Astro. Patrice Robitaille, Mirianne Brulé, Anne Dorval, Pierre Brassard, Jacques L’Heureux, Hubert Gagnon et Stéphane Crête font aussi partie de la distribution du dessin animé, qui prendra l’affiche le 23 octobre.

Dr Elefun (Jacques L’Heureux)

Homme de théâtre et interprète inoubliable de Passe-Montagne dans l’émission Passe-Partout, Jacques L’Heureux est allé explorer un tout autre registre en prêtant sa voix au bon Dr Elefun.

«C’est très agréable pour un acteur de doubler un personnage de bande dessinée. Ça permet de faire un peu de composition. Je ne ressemble pas du tout au personnage, qui est un petit rond chauve. Le réalisateur m’a demandé d’alourdir mon personnage de 40 livres!» partage-t-il en entrevue téléphonique.

Interprété dans la version originale par Bill Nighy, le Dr Elefun adoptait un accent très british. «Comme je ne pouvais pas prendre un accent british, je me suis réapproprié le personnage en l’alourdissant. Le Dr Elefun, c’est un bon papa, une image de père. Mon personnage est très empathique envers le personnage d’Astro. C’est le bon jusqu’à la fin.»

Novice en doublage, Jacques L’Heureux a pu compter sur l’appui du réalisateur et des techniciens qui lui ont permis de vivre une très belle expérience.

Il a trouvé le film «fort bien». «C’est tout à fait dans le registre de la science-fiction d’identification au personnage du petit robot. C’est à la japonaise, avec beaucoup de sauce. C’est un mélo à la portée des enfants.»

Cet automne, l’agenda du comédien est bien rempli. Il vient tout juste de terminer le tournage d’une nouvelle série, Musée Éden, qui sortira au début de 2010 à Radio-Canada. Dès mardi, le public le retrouvera sur les planches de l’Espace Libre, à Montréal, dans la pièce Sacré coeur d’Alexis Martin et du Dr Alain Vadeboncoeur. Une tournée québécoise est prévue, comprenant une représentation le 22 janvier, à Dolbeau-Mistassini, et une représentation

Président Stone (Pierre Brassard)

L’humoriste Pierre Brassard double pour la première fois un méchant – le président Stone — dans Astro. L’expérience lui a plu.

«J’étais très heureux qu’on me propose du doublage, car je suis habitué à entendre toutes ces voix depuis mon enfance, en Abitibi. On regardait la télé en français. Peut-être que ça m’a aidé pour 100 limite et Taquinons la planète: j’avais déjà enregistré ces tons de voix dans ma tête. C’était naturel de prendre des voix de doublage. Mais les imiter et les faire pour vrai, ce sont deux choses!»

Prêtant sa voix au président Stone, le méchant assoiffé de pouvoir, qui n’éprouve aucune pitié pour Astro et qui finit par mettre sa propre ville en péril, Pierre Brassard ne voulait pas imiter la voix de Donald Sutherland, qu’il jugeait sans énergie.

«Dans la version originale, Stone est trop calme, trop tranquille. Il fallait qu’il soit plus dynamique?», soutien-t-il. Pierre Brassard a donc injecté une bonne dose d’énergie au personnage en lui donnant le ton juste, tout en s’assurant qu’on reconnaîtrait sa voix.

«Il y a un peu de moi dans le personnage. Stone s’est exprimé dans un français normatif, car sa prestance recommandait d’avoir un ton autoritaire. Mais dans les moments où il était vulnérable, il pouvait perdre son panache et on le rendait un peu plus niaiseux, un peu plus colon, ce qui lui donnait une couleur. Dans un dessin animé, il faut réussir à donner des nuances qui sont proches de nous, sans être hors contexte.»

OCCUPÉ

Ces temps-ci, Pierre Brassard n’arrête pas. «J’ai les Parlementeries, à compter du 10 novembre. On fait huit spectacles sur scène. Je suis le chef du parti Orange, qui est un peu le chef du NPD. À la télé, j’ai toujours ma chronique avec Marc Labrèche à 3600secondes d’extase. Ça ne me laisse pas beaucoup de temps pour avancer les projets personnels, mais il y a un projet pour la télé qui mijote.»

Dr Tenma (Patrice Robitaille)

Dans Astro, Patrice Robitaille double la voix du personnage du Dr Tenma, incarné dans la version originale par Nicolas Cage. Même s’il connaissait Astro, cela a représenté tout un défi pour l’acteur. «Astro meublait mes samedis et mes dimanches matin quand j’étais petit. C’était ça, Goldorak, Albator, Candy, etc. Le fait de doubler un personnage dans Astro a piqué ma curiosité», se souvient-il

«Pour moi, jouer, c’est donner mon souffle à un personnage, alors que dans le doublage, c’est impossible. Là, c’est beaucoup plus technique, pour aller se fondre dans ce que quelqu’un a fait avant nous.»

Mais le côté technique du processus n’a pas dérangé l’acteur, qui avoue que même si c’était sa première expérience de doublage, «j’y suis allé d’une manière assez détachée, très bon enfant. Je me suis déjà postsynchronisé, mais je n’avais aucune expérience en doublage. C’était une belle occasion! Je n’ai pas eu le temps d’angoisser et de me dire: “Mon Dieu, je vais être associé à quelque chose de gros”.»

Quand on demande à Patrice Robitaille de décrire son personnage du Dr Tenma, il hésite avant de dire: «C’est un scientifique qui est assez peu scrupuleux qui décide de cloner – si on peut dire – son fils et d’en faire un robot. Ce que j’ai trouvé fascinant de ce film, c’est le fait que c’est beaucoup plus audacieux que les productions américaines dans lesquelles la morale doit toujours triompher.»

Pour Patrice Robitaille, l’expérience du doublage, ajoute-t-il, a été une manière de diversifier ses horizons.

«Je suis chanceux de travailler au Québec. J’ai le privilège de toucher à plein de formes différentes. Je fais un peu de télé, de cinéma, de théâtre, et là, Astro. J’ai été enchanté, j’ai trouvé ça vraiment très agréable», dit-il.

Ham Egg (Hubert Gagnon)

Hubert Gagnon le dit tout de suite: il a beaucoup aimé Astro. Et il a adoré doubler Ham Egg, un scientifique un peu craqué qui réserve bien des surprises à son groupe d’enfants perdus.

«Astro, c’est très touchant, c’est drôle. C’est un film pour enfants, très simple, mais il y a de beaux moments de tendresse et d’émotion. C’est très bien dessiné. J’ai trouvé ça charmant ! » s’exclame le vétéran, qui a doublé 292 films en carrière.

Hubert Gagnon, la voix québécoise de Robert DeNiro, Richard Gere, Mel Gibson, Nick Nolte et... Homer Simpson, pour ne nommer que ceux-là, a été choisi parce qu’il avait déjà doublé Nathan Lane, qui prête sa voix à Ham Egg dans la version originale.

«C’est un comédien de Broadway très drôle. Il a une voix assez aiguë en anglais, mais ça n’a pas été difficile. On n’essaie pas d’imiter le ton, mais le timbre. J’essaie de rendre le même esprit avec d’autres mots», partage-t-il.

Le côté fantaisiste de Ham Egg l’a inspiré. «J’ai regardé sa succulence. Il a quelque chose d’éclaté et de fou et, en même temps, il l’aime beaucoup, son petit Astro.» Sept heures de travail réparties sur trois jours ont été nécessaires pour terminer le travail de studio, qui s’est fait à Montréal.

Pour avoir une bonne voix de doublage, Hubert Gagnon considère qu’il faut d’abord être acteur.

«J’ai fait 25 ans de théâtre et quand on joue dans un grand théâtre, on développe sa voix. Un micro, c’est très sensible et le doublage, c’est une science du micro. Il y a des nuances qu’on ne peut pas faire au théâtre.»

Il croit que le doublage, c’est un travail très difficile, mais passionnant. « Je n’aurais jamais pu jouer autant de personnages différents comme acteur. Comme doubleur, on n’a pas tout le fla-fla et la célébrité de ceux qui font du cinéma, mais on a le plaisir de jouer.»

Hubert Gagnon aimerait bien ralentir la cadence un tout petit peu, mais il souhaite toujours une chose : que le téléphone sonne et qu’il dise oui! « C’est un travail que j’aime. J’aime ça, jouer du piano et jouer des personnages!»

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