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Quantum of Solace - James Bond: Crimes de lèse-majesté
© LE JOURNAL
Daniel Craig reprend dans Quantum son personnage où il l’avait laissé dans Casino Royale. «Si vous regardez ces deux films l’un à la suite de l’autre, vous vivrez une expérience extraordinaire parce que l’intrigue est continue.»

QUANTUM OF SOLACE

James Bond: Crimes de lèse-majesté

par Daniel Rioux
Le Journal de Montréal
08-11-2008 | 11h01
Après avoir surpris l’auditoire en 2006 en situant Casino Royale, 21e film de la franchise James Bond, au tout début de cette série lancée en 1962, les producteurs ont fait l’audacieux pari de dépouiller l’agent 007 de sa marque de commerce dans le tout nouveau Quantum of Solace.

Dans ce qui pourrait inciter les inconditionnels de l’agent secret du MI 6 britannique à crier à l’hérésie, le nouveau Bond, interprété pour la seconde fois par l’acteur Daniel Craig, brise avec la tradition et met au rancart les références qui collaient depuis toujours au style de 007.

On a beau attendre jusqu’à la fin de Quantum, jamais on n’entendra sa célèbre introduction – «Je m’appelle Bond, James Bond». Double crime de lèse-majesté du loyal sujet, le Bond version 2008 lève non seulement le nez sur son traditionnel martini, mais il s’enivre avec un cocktail à base de vodka et autres alcools. Ne cherchez pas non plus ces gadgets qui ont fait la réputation du brillant inventeur Q et permis à James Bond de se sortir du pétrin dans les situations les plus périlleuses.

Et, insulte suprême au grand séducteur, James Bond ne couche pas avec la 22e Bond Girl de l’histoire, qu’incarne la bombe ukrainienne Olga Kurylenko. Une première en quarante-six années de loyaux services! Mais ça ne veut pas dire que l’agent 007 va un jour sortir du placard…

UNE SEULE RÈGLE RÉSISTE

«Je me sens libre, disait Daniel Craig lors des rencontres de presse. Avant, il fallait toujours avoir ces scènes dans le film. Dorénavant, elles y seront seulement si c’est nécessaire et si nous pouvons les insérer avec une approche différente.»

Une seule règle reste coulée dans le béton. «James Bond ne peut tuer des gens innocents», insiste le réalisateur Marc Foster.

Les producteurs, en accord avec Daniel Craig, qu’ils ont mis sous contrat pour deux autres films de la série, ont choisi de briser le moule original et d’installer un genre de James Bond, the Next Generation pour préparer les festivités prévues pour son 50e anniversaire, en 2012.

«On songe effectivement à ce qui arrivera en 2012 et on emprunte une voie différente avec Quantum of Solace, observe la productrice Barbara Broccoli. Ce n’est plus la même recette. Il faut se rappeler qu’avec Casino Royale, on ramenait James Bond à la case départ, au tout début de sa carrière.»

Pour Daniel Craig, avec lui le (nouveau) James Bond est maintenant lancé pour de bon. «Sean Connery l’a mis au monde et lui a donné une impétuosité qui a fait son succès et sa marque de commerce. Moi, j’ai pris Bond dans Casino Royale, où, pour la première fois, il devenait amoureux pour ensuite être trahi par celle qu’il aimait (Vesper, jouée par Eva Green).»

DE SÉDUCTEUR À VENGEUR

Après avoir été séduit, James Bond passe à la vengeance, le nerf de la guerre dans Quantum. «Il trouve ses alliés et après ce film, Bond peut dire qu’il a passé avec succès sa formation d’agent secret», affirme Daniel Craig.

Le succès entraîne le succès et les producteurs misent donc sur celui, phénoménal, de Casino Royale pour assurer celui de Quantum. Réalisé avec un budget de 102 M$, le film de 2006 avait raflé les plus importantes recettes de la franchise, 761 M$.

Pour Quantum, on a plus que doublé le budget en l’augmentant à 230 M $ et on a décidé que l’intrigue serait la continuation de la précédente. «L’histoire commence une heure après la fin de Casino Royale, précise Barbara Broccoli. C’est la première fois que ça se produit en 22 films.»

Et à écouter le réalisateur Marc Foster, on pourrait peut-être parler d’un jamais deux sans trois. «On a offert aux scénaristes une option pour l’écriture d’une intrigue qui suivrait la conclusion de Quantum. On m’a proposé de réaliser ce prochain film, mais j’hésite vraiment à m’impliquer dans un autre James Bond.»

CINQUANTE ANS EN 2012

«Je n’avais jamais imaginé à quel point ça serait difficile de réaliser un film pareil, de poursuivre le réalisateur. Non seulement sur le terrain, parce que je ne suis pas un réalisateur de films d’action, mais aussi parce que je devais travailler avec une pression extraordinaire venant des médias et du public, qui attendent toujours un nouveau James Bond meilleur que le précédent.»

Si la tendance se maintient, comme dirait l’autre, on verra Daniel Craig en 2010 dans le 23e film de la génération et ensuite, à la fin de son contrat de quatre apparitions en agent 007, en 2012. «C’est tout de même incroyable de penser que James Bond aura 50 ans» de s’émerveiller Barbara Broccoli.

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Olga Kurylenko a dû s’entraîner durant six mois afin d’être en mesure d’assumer son rôle, physiquement exigeant.

EMBARGO

Les producteurs ont imposé un embargo qui nous empêche de dévoiler les détails de l’intrigue. On peut seulement dire que l’agent 007 se met sur la piste d’une organisation criminelle ayant des ramifications auprès de gouvernements et jouissant d’influences telles qu’il est traqué par son propre gouvernement et par la CIA.

DÉBUTS SUR LES CHAPEAUX DE ROUES

Le film débute par une extraordinaire course-poursuite de six minutes qui installe le rythme affolant du film. On se croirait par moments dans un film de Jason Bourne…

PLONGÉS DANS L’ACTION

Le réalisateur Marc Foster exploite les éléments – le feu, l’air, la terre et l’eau – pour plonger ses acteurs dans l’action. «Daniel et Olga ont réalisé leurs propres cascades, même les plus dangereuses, au plus fort d’un incendie.»

RICHESSE NATURELLE

Un indice qu’on laisse couler: le vilain de l’histoire, incarné par Mathieu Amalric, met tout en oeuvre pour s’approprier une richesse naturelle.

DIX-SEPT CAMÉRAS

Certaines scènes ont exigé jusqu’à 17 caméras pour saisir l’action.

VIVE LE SHOW-BUSINESS

Daniel Craig dit que la célébrité n’a pas changé sa vie. «J’aime bien mon intimité, mais je réalise que je dois vivre avec l’attention médiatique. Je fais du show-business et ça fait partie de l’entente.»

Un tournage dans six pays

On peut réaliser bien des choses, de l’impossible à tout ce qu’il y a d’imaginable, quand on dispose de 230 M$ pour faire un film comme Quantum of Solace.

« Mais il y a toujours deux défis incontournables qu’on doit confronter, constate la productrice Barbara Broccoli : choisir nos lieux de tournage un peu partout dans le monde… et vivre avec les caprices de la météo. »

La production du dernier James Bond a voyagé plus que jamais auparavant, installant des plateaux de tournage dans six pays.

«Ça ne s’était jamais fait et on peut imaginer, en sachant que 300 personnes travaillaient à la production, la logistique que ça impliquait chaque fois qu’on s’installait quelque part.»

La bonne nouvelle, c’est qu’en quarante-six années, le clan Broccoli, détenteur des droits depuis le début, a acquis une excellente réputation au fil des films et des années. «Notre réputation facilite effectivement notre travail sur le terrain. Tout le monde fait preuve de bonne foi et les gouvernements collaborent avec nous. Ce qui n’est cependant le cas de la météo, qui nous a joué des tours partout où nous sommes allés.»

Fidèle à la tradition, le tournage a débuté aux Pinewood Studios, en banlieue de Londres, où l’on a recréé des décors. Puis l’équipe a pris la route pour un long voyage de six mois vers le Panama, le Chili, le Mexique, l’Italie et l’Autriche.

Du début à la fin, le tournage d’un James Bond monopolise la production durant deux années. Il a commencé le 7 janvier 2008 et a duré 103 jours, tel qu’il avait été prévu. Marc Foster a rendu la version finale du film le 16 octobre.

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