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Québec sur ordonnance - Le pouvoir du cinéma
© Photo Pierre-Paul Poulin, Le Journal de Montréal
Selon Denise Robert, productrice de Québec sur ordonnance, la force de Paul Arcand, «c’est qu’il pose sans détour les questions que monsieur et madame Tout-le-monde ont envie de poser».

QUÉBEC SUR ORDONNANCE

Le pouvoir du cinéma

Maxime Demers
Le Journal de Montréal
29-09-2007 | 05h00
Il sévit à la radio depuis plus de 25 ans, à la télévision depuis près de 10 ans, mais depuis deux ans, Paul Arcand dénonce, fouille et questionne aussi au grand écran. Après le percutant Les Voleurs d’enfance, l’homme des «vraies questions» récidive avec un autre documentaire qui risque de faire jaser, Québec sur ordonnance, qui porte sur la surconsommation de médicaments. Mais pourquoi le cinéma?

«Le grand avantage du cinéma, c’est le temps», explique Paul Arcand, rencontré plus tôt cette semaine.

«La radio, c’est de l’instantané, la télé aussi à part quelques reportages à Radio-Canada. On a rarement du temps de préparation et le cinéma permet cela. Le cinéma permet de prendre un break pour fouiller, de prendre le recul nécessaire pour mettre en perspective.

Pour quelqu’un qui est habitué comme moi à travailler au quotidien, c’est un feeling extraordinaire.»

Il y a aussi l’impact. Un film fait souvent plus jaser qu’une émission de radio ou de télé. On l’a vu avec Les Voleurs d’enfance, sorti sur pas moins de 50 écrans il y deux ans. Les révélations du documentaire d’Arcand avaient mis la DPJ et les centres jeunesse dans l’embarras et provoqué un vrai débat de société.

Les Voleurs d’enfance avaient, de plus, engrangé 1,7 million de dollars au box-office québécois, un record pour un documentaire d’ici.

«Les gens qui vont au cinéma sont plus à l’écoute, plus attentifs, analyse-t-il. Ils vont s’asseoir pendant deux heures et ils sont concentrés sur notre sujet pendant ces deux heures. Ce n’est pas comme à la télévision, où les gens zappent continuellement. Je pense que dans ce sens, le cinéma sensibilise plus.

«Cela dit, il y a aussi un impact quand le film passe à la télévision. Mais il y un spin autour d’un film qui sort en salle qui est beaucoup plus fort.»

CURIOSITÉ

C’est la productrice Denise Robert (Les Invasions barbares, Maurice Richard) qui a approché Paul Arcand il y a quelques années pour lui proposer de réaliser un documentaire sur la maltraitance des enfants.

«La première chose qu’il m’a répondue, c’est qu’il ne savait même pas comment prendre une bonne photo», relate Denise Robert en riant.

«Mais je l’ai rassuré tout de suite: c’est sa curiosité avant tout qui m’intéressait. Je n’ai pas fait appel à lui pour qu’il fasse un documentaire en forme de carte postale. Je le voulais lui pour son talent à questionner et à obtenir des réponses.

Sa force, c’est qu’il pose sans détour les questions que monsieur et madame Tout-le-monde ont envie de poser. Il n’a pas peur de poser les questions, et il va continuer à les poser jusqu’à ce qu’il obtienne ses réponses.

Cette fois-ci, Denise Robert n’a pas eu à soumettre de sujet Arcand. L’animateur et journaliste avait déjà quelques idées en tête. Le problème, c’est qu’il ne savait pas sur laquelle de ces pistes se lancer…

«Après Les Voleurs d’enfance, Denise m’a dit: on en fait un autre, on en fait un autre, raconte Arcand.

Mais comme c’était la première fois que je faisais cela, je voulais prendre du recul. Et surtout, je voulais aller carrément ailleurs, ne pas prendre le même genre de sujet.

«Elle m’a alors dit: dis-moi ce que t’as envie de faire. La vérité, c’est que j’avais des idées, mais je ne savais pas trop laquelle choisir.

«Puis, j’ai valsé entre deux sujets: les gens que j’appelle les bandits cravate, les Vincent Lacroix et compagnie, et puis les médicaments parce que je trouvais qu’à chaque fois qu’on parlait du système de santé, c’était toujours les mêmes sujets qui revenaient, soit les salles d’urgence et la pénurie de médecins de famille.

«J’avais lu un article à un moment donné sur l’explosion des coûts du régime d’assurances médicales et c’était vraiment des sommes majeures. Or, on parle très rarement de cela. J’ai donc commencé fouiller le sujet, puis je suis embarqué à fond dedans.»

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