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© Photo Jean-Luc Barmaverain. Le Journal de Montréal |
Michel Côté est de retour dans la peau de Gérard le taureau, l’un des quatre personnages centraux de Cruising Bar. |
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CRUISING BAR 2
L'homme aux quatre visages
Virginie Roy
Le Journal de Montréal
18-08-2007 | 05h00
Il nous fait rire, il nous fait pleurer, le comédien Michel Côté est un des
grands de notre paysage culturel québécois. Il nous revient avec la suite
du classique québécois
Cruising Bar. Portrait d’un homme sans prétention.
Les quatre personnages de
Cruising
Bar auraient certainement beaucoup à
apprendre du comédien Michel Côté.
Nul besoin de poids et haltères, il charme par
sa joie de vivre et son humour
incontesté.
Il était au mieux de sa forme lorsque
rencontré sur le plateau de Cruising Bar
2, et ce, même à cinq heures du matin.
L’homme est passionné par son métier,
ça se voit, ça se sent.
«Le métier d’acteur n’est pas toujours
facile. Regardez-moi, il est cinq heures
du matin et je dois rester trois heures
sur une chaise pour me faire maquiller.
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Souvent, la famille ou les amis n’existent
plus le temps du tournage. C’est pourquoi
c’est si important d’aimer ce que
l’on fait. Moi, j’ai la chance de dire que
j’aime mon travail», explique le comédien,
les yeux pétillants.
CRUISING BAR 2
Michel Côté a tous les talents. En plus
d’être perçu comme l’homme aux quatre
visages, il a aussi coscénarisé et coréalisé
les deux Cruising Bar avec le réalisateur
Robert Ménard. Mais cette fois-ci, il avoue
avoir trouvé la tâche un peu plus difficile.
«J’ai eu beaucoup de misère à l’écriture.
J’étais stressé parce que la barre était très
haute. Je veux tellement qu’il soit meilleur
que le premier», explique Michel Côté.
Si plusieurs aiment bien faire croire que
la réponse du public leur importe peu, le
populaire acteur québécois préfère être
franc. «C’est certain qu’on ne veut jamais
décevoir son public. Le film est tellement
attendu. Je suis conscient que les gens
s’attendent à beaucoup», dit-il.
Et il a raison. Cruising Bar est perçu
comme l’un des plus grands succès du
cinéma québécois. Il avait à l’époque rapporté,
au Québec seulement, plus de 3,8M
de dollars et avait été vendu dans 22 pays
différents: un phénomène pour les
années 1980.
SANS PRÉTENTION
Mais Michel Côté ne s’enfle pas la tête
pour autant. L’argent n’est ni le moteur
de son travail, ni une bonne raison pour
faire une suite à ce film-culte. Il s’est plutôt
rendu à une demande générale de
plus en plus forte.
«Ça fait au moins 17 ans que tout le
monde me demande pourquoi je ne fais
pas une suite. C’est quand je me suis rendu
compte que le film était devenu populaire
auprès de toutes les générations que
j’ai compris le vrai impact de Cruising
Bar», explique-t-il.
Les pressions du public, du réalisateur
Robert Ménard et du producteur Claude
Bonin, qui mourait d’envie de revivre une
telle expérience, ont finalement eu raison
de lui. «J’ai eu peur de le regretter un
jour. Dans dix ou 15 ans, j’aurai environ 70
ans. Je ne veux pas me dire à cet âge-là
que j’ai peut-être passé à côté de quelque
chose d’important», dit-il.
Il ajoute avoir une chance inouïe de participer
à ce genre de projet. «C’est très
rare qu’on offre à un acteur un rôle comme ça
sur un plateau d’or. Il faut le créer
soi-même. C’est ce que j’ai fait, et c’est
trippant», avoue le comédien.
UN SUCCÈS ESPÉRÉ
Malgré cette attente phénoménale,
Michel Côté reste confiant. Le stress ne
lui enlève surtout pas son enthousiasme.
«Robert et moi, on a choisi un angle et on
va l’assumer jusqu’à la fin. J’oublie mon
stress quand je commence à tourner. Si
ce n’est pas aussi bon que le premier
Cruising Bar, pour sûr ça ne sera pas
loin», lance-t-il, sourire en coin.
Patrice le lion, Gérard le taureau, Jean-
Jacques le paon et Serge le ver de terre
reviendront quoi qu’il arrive sur nos
écrans. C’est qu’on ne s’inquiète pas pour
Michel Côté. Ses personnages, il les a
dans les tripes.
Cruising Bar 2 est prévu pour juin 2008.