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Hairspray - Mélodies boules de gomme, sourires éclatants, nuages de fixatif
© David James
Extrait de Hairspray

HAIRSPRAY

Mélodies boules de gomme, sourires éclatants, nuages de fixatif

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
14-07-2007 | 04h00
Après Moulin Rouge, Chicago et Dreamgirls, Hairspray s’annonce comme le prochain hit au rayon des comédies musicales. Nouvelle version du film original sorti en 1988, Hairspray est un film kitsch à souhait, dont les mélodies vous collent à la peau comme une bonne dose de fixatif.

En 1988, l’excentrique John Waters a créé Hairspray, un film culte qui a fait de Rikki Lake une star. En 2002, Hairspray est aussi devenu un spectacle très couru sur Broadway.

Le 20 juillet, la nouvelle version du film fait son entrée en salle dans une version beaucoup plus dansante que le film de 1988, et bonifié de plusieurs chansons inédites. Lors de la première de presse à Los Angeles, il y a quelques semaines, même les journalistes applaudissaient après chaque chanson comme dans un spectacle. Il faut dire que l’énergie des personnages et leur bonne humeur exacerbée sont contagieuses.

Avec ses mélodies boules de gomme, ses sourires éclatants, ses nuages de fixatif, ses costumes aux couleurs de Smarties et ses cheveux bouffants, Hairspray est un dessert sur grand écran. La tramede fond repose toutefois sur du sérieux: les luttes sociales et la ségrégation raciale.

On est transporté au coeur des années 1960, quand les femmes enceintes fumaient et buvaient encore des martinis. La ségrégation pèse sur Baltimore. Les Blancs d’un côté, les Noirs de l’autre; à l’école, à la télévision et même en amitié.

Il n’y a pas que les Noirs qui sont victimes de discrimination, les obèses aussi. C’est à croire que les temps changent, mais les préjugés demeurent. «Aux États-Unis, on a encore des problèmes d’obésité et de racisme. Les gens peuvent s’associer aux thèmes du film», disaient Craig Zadan et Neil Meron, les deux producteurs, lors d’une rencontre de presse à Beverly Hills.

Histoire

L’action se déroule à Baltimore, petite ville sans histoire où les bad hair days n’existent pas et où les rêves ne mènent jamais bien loin. Sauf peut-être pour Tracy Turnblad (Nikki Blonsky), 17 ans, qui n’a qu’un rêve: obtenir un rôle dans son émission télévisée préférée, le Corny Collins Show. Une émission où tous les danseurs, y compris l’animateur, ont l’air de poupées Barbie avec un sourire figé en permanence sur le visage.

Tracy tente sa chance et se présente à une audition, mais la méchante productrice (Michelle Pfeiffer) se fait un plaisir de lui annoncer qu’elle est trop ronde. Le talent de Tracy pour les déhanchements tombera toutefois dans l’oeil de l’animateur, qui fera tout pour l’inclure dans la distribution.

Parallèlement à son incursion dans le merveilleux monde de la télévision, Tracy se heurte à une autre réalité plus sombre, celle de la lutte des Noirs. Malgré leur talent, les danseurs noirs ne peuvent se produire que durant le Negro Day. Tracy endossera leur cause jusqu’à se mettre dans de beaux draps.

Travolta et compagnie

La distribution du film est aussi variée que surprenante. Hairspray ne se serait probablement pas fait sans l’accord de John Travolta. Zadan et Meron ne s’en cachent pas, Travolta, c’est leur police d’assurance pour le succès au box-office (même si ses derniers films étaient plutôt des flops: Be Cool, Swordfish…). Travolta a mis un an et deux mois avant d’accepter de camper Edna, la mère bien en chair de Tracy. Travolta prend ainsi le relais de John Waters, qui interprétait ce rôle dans la version de 1988. La tradition veut que ce soit un homme. Pour compléter le portrait, Christopher Walken incarne le mari d’Edna. Ce dernier, en passant, est un redoutable danseur; un vieux vidéoclip de Fat Boy Slim peut en témoigner. Queen Latifah incarne quant à elle Motor mouth Maybelle, la chef du clan des Noirs.

La réalisation est signée Adam Shankman (The Wedding Planner, Bring Down the House, A Walk to Remember), un chorégraphe devenu réalisateur sur le tard. Il a lui-même signé toutes les chorégraphies du film. «En 20 minutes, sans blague! C’était quelque chose en moi qui devait sortir!» dit celui qui s’est inspiré de nombreux vidéoclips des années 1960.

Quant aux deux producteurs, Craig Zadan et Neil Meron, les deux cerveaux derrière la comédie musicale à succès Chicago, ils ont beaucoup hésité avant de se lancer dans l’aventure Hairspray. «C’est risqué, une comédie musicale. Soit ça réussit, soit ça plante. Il existe beaucoup de préjugés envers le genre», dit l’un deux.

«Par contre, durant les périodes de guerre, les comédies musicales ont toujours été populaires, les gens ont besoin de ce genre de film positif», font-ils remarquer en faisant référence à la guerre en Irak, qui rythme notre quotidien depuis mars 2003.


Hairspray (New Line Cinema) sort en salle le 20 juillet.

Un film d’Adam Shankman, produit par Craig Zadan et Neil Meron. Avec John Travolta, Nikki Blonsky, Michelle Pfeiffer, Christopher Walken, Queen Latifah, Amanda Bynes, James Marsden, Brittany Snow, Zac Efron, Elijah Kelley, Allison Janney.


  • Budget du film de 1988: 2M$ US
  • Budget du film de 2007: 75M$ US
  • La plus grande partie du tournage a eu lieu à Toronto l’automne dernier.D’autres scènes ont été tournées dans une école de Hamilton.
  • Pour les fans: Ricki Lake et John Waters font tous deux une apparition dans le film.
  • La musique est signée Marc Shaiman, celui-là même qui a créé la musique de la comédie sur Broadway. Le film compte plusieurs nouvelles chansons.
  • Le doublage français des chansons devait au départ être fait pas les star-académiciens du Québec, mais certains contrats d'acteurs de Hollywood interdisant le doublage de leur voix ont entrainé l'annulation du projet. Les chansons resteront en anglais.

    Le Journal de Montréal était l'invité de New Line Cinema.

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