Accueil Divertissement
 
 
JDM
Harry Potter - Le magicien file un mauvais coton
© Journal de Montréal
Daniel Radcliffe, l'interprète d'Harry Potter

HARRY POTTER

Le magicien file un mauvais coton

Maxime Demers
07-07-2007 | 04h00
Il a beau se payer un premier baiser avec sa camarade de classe Cho Chang, Harry Potter n’a pas le coeur à la fête dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix, le cinquième film de la série qui sort en salle mercredi. Le jeune magicien aux lunettes rondes est même plus en colère et agressif que jamais.

«Harry a ses problèmes, comme tout le monde», soulignait son interprète, Daniel Radcliffe, lors d’une conférence de presse à Londres il y a deux semaines.

«Il devient un adulte, il se cherche et il apprend des choses sur lui. Il est en pleine réflexion face à sa solitude et à l’incompréhension du monde qui l’entoure.

Il constate qu’il peut être égoïste lui aussi. Il a ses désirs, ses motivations. C’est une période difficile pour lui.

«Je crois aussi qu’il sent qu’il doit agir en héros et qu’il doit le faire seul. C’est pourquoi il est plus solitaire dans ce film. Rappelez-vous quand dans le 3e film Rogue a dit que Harry était agressif comme son père. Je crois qu’il y a du vrai là dedans et qu’on va commencer à voir Harry de plus en plus sous cet angle.»

Rentrée scolaire

Bref, vous l’aurez compris, l’apprenti magicien aux lunettes rondes file un mauvais coton dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix. On le retrouve à la fin des vacances, à quelques jours de la rentrée des classes qui marquera sa 5e année à l’école de sorcellerie Poudlard. Mais cette fois, l’année démarre bien mal pour Potter. Il est déprimé, car ses deux meilleurs amis (Hermione et Ron) ne lui ont pas écrit pendant l’été. Il vient de passer à un cheveu de se faire expulser de Poudlard après avoir utilisé ses pouvoirs magiques hors du collège. Il doit faire face à une tyrannique nouvelle professeure de défense contre les forces du mal (l’excentrique Dolores Ombrage).

Et surtout, il doit se préparer et préparer les gens de Poudlard contre une éventuelle attaque du Seigneur des Ténèbres, Voldemort, qui est de toute évidence encore vivant, ce que la plupart des gens de l’école nient encore.

«Je sais que lors de la sortie du 5e livre, plusieurs personnes s’étaient senties mal à l’aise face à la colère de Harry, rappelle Daniel Radcliffe. Et je me souviens que J.K. Rowling avait dit que les gens qui ne comprenaient pas cette colère n’avaient rien compris aux quatre livres précédents. Harry a le droit d’être frustré.»

«Il ne faut pas oublier que Harry est un garçon qui n’a jamais rencontré ses parents et qui habite chez les Dursley (où il est persécuté par son cousin), ce qui est un vrai cauchemar selon moi, ajoute Emma Watson, l’interprète de Hermione.

«Il a été complètement isolé de tout et de tout le monde. Il doit se sentir très seul et personne au monde ne peut probablement comprendre ce qu’il vit. En plus, il vient de perdre son parrain (Sirius Black), qui était le seul membre de sa famille qu’il lui restait. Il a beaucoup de pression sur les épaules. Mais il est un survivant, un battant. Il est très fort.»

Le premier baiser

Seul petit moment de joie pour Harry dans le film: le jeune magicien se paye son premier baiser, avec sa collègue de classe Cho Chang. Une scène que les deux jeunes acteurs (Radcliffe et Katie Leung) ont dû reprendre une vingtaine de fois, selon Leung. Mais elle ne s’en plaint pas: il paraît que Radcliffe embrasse très bien…

Harry Potter et l’Ordre du Phénix marque l’arrivée derrière la caméra d’un nouveau réalisateur, le Britannique David Yates (qui a jusqu’ici principalement travaillé pour la télévision anglaise), et d’un nouveau scénariste, Michael Goldenberg (Contact, Peter Pan).

Pour leur première incursion dans l’univers de Potter, les deux nouveaux avaient une mission assez ardue: adapter cette brique de mille pages, un des romans les plus complexes, denses et sombres de la série.

«Le plus difficile a été de choisir ce qu’on gardait et ce qu’on laissait tomber, explique le réalisateur David Yates. C’est très délicat parce qu’on savait qu’à chaque fois qu’on laisserait tomber quelque chose, on se le ferait reprocher par les nombreux fans de la série.

«L’autre grand défi a été de rendre l’histoire le plus fluide et authentique possible. Comme il y a beaucoup d’éléments, on ne voulait pas que ça ait l’air d’une série de chapitres enlignés un après l’autre.»

Trop sombre?

Certains reprocheront au nouveau film d’être trop sombre, voire même trop épeurant pour les jeunes enfants.

«Vous n’aimiez pas avoir peur, quand vous étiez petits, vous? rétorque David Yates. Personnellement, quand j’étais jeune, j’adorais avoir la frousse quand je regardais la télévision. Je crois que les enfants aiment se retrouver dans des situations où ils pourraient avoir peur. Ça les excite et ça les fait se sentir vivants.»

Certains ont aussi vu dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix une oeuvre plus politique que les films précédents. Les thèmes de la justice, de la loi et même du terrorisme y sont en effet indirectement abordés. «C’est toujours bien d’avoir de la politique avec un petit «p» dans un film, mais honnêtement, on n’y a pas trop pensé, explique David Yates. Nous voulions simplement faire un bon film divertissant. N’empêche, il y a des éléments politiques très intéressants dans le travail de J.K. Rowling, notamment concernant le système d’éducation britannique.»

«Les thèmes du nazisme et du racisme sont aussi indirectement abordés dans le travail de J.K., ajoute le producteur David Heymans. L’armée de Dumbledore, c’est un peu la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. Il y a dans le film et le livre des références à l’Histoire, mais aussi à ce qui se passe dans le monde aujourd’hui.»

haut