TRANSFORMERS
Certains robots sont bons, d'autres pas
Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
30-06-2007 | 04h00
Après tous ces héros en collants qui ont envahi les écrans, c’est au tour des
robots de faire un retour en force au cinéma.
Transformers est une mégaproduction de
145M$ US chapeautée par le roi de Hollywood Steven Spielberg, réalisée par le prince rebelle
Michael Bay et mettant en vedette le successeur au trône Shia LaBeouf.
Ça s’annonce comme LE hit de l’été:
méga budget, maxi effets spéciaux,
grosses bagnoles à 500 000$ le prototype,
explosions à profusion et un retour nostalgique
des héros d’enfance…
Pourtant au départ en 2003, tous les studios
en ville ont refusé le projet. C’est finalement
Steven Spielberg qui a donné le feu
vert.
Les
Tranformers, d’une populaire série
animée, sont nés au petit écran en 1984.
Avis aux profanes: ce sont d’immenses
robots qui se transforment en voiture de
course, en camion ou en machine de guerre.
En 1986, on leur a consacré un film animé.
Dans les magasins de jouets, on s’est
arraché les répliques des robots. Les
petits garçons de la génération Y se
livraient à de féroces combats dans les
carrés de sable. D’un côté les méchants
Decepticons, de l’autre les gentils
Autobots.
Fans sensibles
Encore aujourd’hui les fans ont la fibre
sensible. Il existe des clubs et des blogues
d’accros purs et durs qui surveillent tout
ce qui se fait sur les Transformers. C’est
pourquoi dès les premières rumeurs d’en
faire un film, les internautes se sont
enflammés. «Ne touchez pas à mes Transformers», ont clamé certains. C’est que
certains robots ont été modifiés des
modèles originaux. Optimus Prime lance
des flammes et Megatron ne se transforme
plus en fusil mais en jet. On a aussi ajouté
des yeux et des bouches aux robots. Une
évolution jugée essentielle par les artisans
du film.
Les détracteurs pourraient bien changer
d’avis en voyant le tour de force signé
Michael Bay et une kyrielle de producteurs
qui ont travaillé notamment sur
X-Men, Natural Born Killers et Saving Private Ryan.
«On n’aurait jamais pu faire ce
film il y a deux ans», précise Michael Bay
en conférence de presse à Beverly Hills.
Transportons-nous à Hollywood il y a
deux semaines pour la 1re projection du
film en sol américain au mythique Chinese
Theater. À la surprise générale,
Michael Bay en personne fait son entrée
dans la salle remplie de journalistes et de
fans bruyants. «Je veux m’assurer que ça
soit fucking loud», dit-il à la foule.
Quelques rangées plus loin, un des
acteurs du film, Josh Duhamel, prenait
aussi place.
«C’est angoissant de voir mon film
devant le public», a-t-il avoué le lendemain
aux journalistes. Pourtant, le soir de la
projection, la salle (en majorité des
hommes dans la trentaine) était littéralement
en délire, applaudissant à chaque
apparition de son robot préféré à l’écran,
comme dans un show rock. Un moment
rare.
Le film commence par une scène d’action
époustouflante. Tout y est: l’armée, une
série d’explosions, du bruit à en faire
vibrer les sièges. Bay nous en met plein la
vue et dresse la table pour le reste de
l’aventure.
Histoire
Michael Bay, ou plutôt les scénaristes, ont
ficelé un scénario solide (plus de deux ans
d’écriture) avec plusieurs trames. En premier
lieu, on fait la connaissance de Sam
Witwicky, le héros du film, un adolescent
sans histoire de Los Angeles incarné par
Shia LaBeouf (Disturbia). Sa vie se pimente
au moment d’acheter sa première voiture:
une vieille Camaro jaune 1976. L’attirail
idéal pour courtiser la fille de ses rêves,
Mikaela (Megan Fox), une fana des belles
voitures. Sam est entraîné malgré lui dans
une folle aventure quand il se rend compte
que sa voiture se transforme en immense
robot, le sympathique Bumble bee.
«Sam apprend l’existence des Transformers
en même temps que le public, ça
devient ainsi plus digérable», explique
Tom de Santo, un des deux producteurs
exécutifs.
Qatar
Parallèlement, on est transporté au
Qatar où une division de l’armée dirigée
par deux soldats (Josh Duhamel et Tyrese
Gibson) est attaquée par une forme de
robot extraterrestre. Les survivants sont
peu nombreux.
Or, le Pentagone, ou plutôt une division
ultra-secrète, le secteur 7 (Rachael Taylor
et Anthony Anderson) enquête depuis des
années sur cette forme de vie extraterrestre.
Même le vice-président (Jon Voight) ignorait l’existence de ce secret
d’État.
Pour compléter le scénario, il y a bien
évidemment les Transformers, ces robots
géants venus de la planète Cybertron.
Ça semble compliqué, mais c’est tout
simple: d’un côté il y a les cinq Autobots,
les gentils robots, et de l’autre les six
Decepticons, les méchants qui veulent
prendre le contrôle de l’univers. Les Autobots
sont à la recherche de leur source
d’énergie enfouie sur Terre avant que les
Decepticons mettent la main dessus.
Mais Transformers, c’est avant tout l’histoire
toute simple d’un petit garçon qui
devient un homme, investi de la mission
de sauver l’humanité. À ce chapitre, on
reconnaît avec sourire la touche Spielberg
et l’ambiance de ses films des années 1980
tels que E.T. et Back to the Future.