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Pirates des Caraïbes - L'assaut final
© Walt Disney Pictures
Johnny Depp dans le rôle du capitaine et pirate Jack Sparrow

PIRATES DES CARAÏBES

L'assaut final

Daniel Rioux
Le Journal de Montréal
19-05-2007 | 04h00
À l’abordage! Ce cri de ralliement annonce l’assaut final des pirates hollywoodiens à l’aube d’une nouvelle conquête des écrans mondiaux avec la sortie de Pirates of the Caribbean: At World’s End, le dernier volet d’une stupéfiante trilogie dont le succès des deux premiers films a surpris tout le monde et a même permis de ressusciter le film de pirates, un genre dépassé que l’on donnait pour mort!

«Ce film marque l’achèvement de cinq années de travail et j’espère qu’il divertira l’auditoire autant que les deux premiers», disait lundi soir dernier le producteur Jerry Bruckheimer à un groupe sélect de journalistes invités à voir le film au vieux cinéma El Capitan sur Hollywood Boulevard. Dans la salle, le réalisateur de la trilogie, Gore Verbinsky, a été salué par une salve d’applaudissements et les bons mots du producteur.

«Rien de tout cela n’aurait été possible sans son travail.»

Le mot relevait presque de l’euphémisme. «Il allait à l’encontre de la sagesse traditionnelle de réaliser un premier film inspiré du manège de parc d’attraction qui connaîtrait autant de succès que The Curse of the Black Pearl (La Malédiction de la perle noire), disait Bruckheimer. Chacun des films représente un grand défi, mais en préparer deux en même temps, ça c’est un défi autrement plus sérieux.»

C’est pourtant ce qu’a accompli Gore Verbinski en réalisant simultanément Dead Man’s Chest (Le Coffre du mort) et At World’s End (Jusqu’au bout du monde).Avec un budget global de plus de 400M$ et un éreintant horaire de tournage réparti sur 284 jours!

Retour au sources

Les étonnantes aventures du capitaine et pirate Jack Sparrow (Johnny Depp) n’ont pourtant rien de nouveau et le succès des deux premiers films ne tient pas du hasard. L’intrigue se compose d’un cocktail classique jadis maintes fois éprouvé: un mélange d’amour, d’amitié, de surnaturel, de légendes, de mythes, réalités et histoires populaires.

On n’a qu’à penser aux contes des frères Grimm et de Perrault pour constater l’impact séduisant d’une alliance de l’imaginaire, du merveilleux et de l’extraordinaire. Les pirates des tavernes évoquent les ogres des contes de fées, Sparrow a tout d’un Robin des Bois et on songe à Blanche-Neige quand le méchant Barbossa (Geoffrey Rush) offre une pomme rouge à la belle Elizabeth (Keira Knightley).

Le public croquait déjà à belles dents dans ces récits. Alors, avec un pirate comme Sparrow en plus, il craque!

Tiraillé entre la figure du héros romantique et du lâche immoral, Jack Sparrow porte tous les paradoxes de l’image du pirate.

«Il n’y a pas de bonté ni de malice chez un pirate, note l’acteur Chow Yun-Fat dans les notes de production remises à la presse.

Leur univers ne connaît ni le Bien ni le Mal. Ce sont tous des pirates et tous les pirates sont du même moule. Les pirates sont des rebelles et ça, surtout dans l’esprit des jeunes, ça devient un pôle intéressant.»

Où en est-on?

Le premier film invitait l’auditoire à pénétrer dans le monde des pirates pour lui présenter les personnages (Jack Sparrow, Will Turner, Elizabeth Swann, Davy Jones, Barbossa, etc.), installer le décor et jeter les bases de l’intrigue.

Dans le second, l’univers vire au noir, le ton est plus sombre, les défis plus terrifiants et la mort plus présente. La dernière image nous montre Sparrow, piégé par Elizabeth, saisi par les tentacules de la pieuvre géante Kraken. Le pirate, désormais captif du coffre virtuel de Davy Jones, est hors d’état de lui nuire.

Quasi absent du deuxième volet pour cause de décès, Barbossa ressuscite dans cette conclusion où il emprunte bien involontairement les voies du Bien, c’est-à-dire avec toute l’éthique prévue au code de déontologie de la profession…

L’industrie de la flibuste vit un grand danger. La Compagnie anglaise des Indes orientales désire s’accaparer le commerce sur les sept mers et a recruté le gélatineux Davy Jones et son fantomatique navire Hollandais Volant pour faire la chasse aux pirates.

Mal équipé, Barbossa navigue vers Singapour avec Elizabeth, Will et sa bande d’affreux naufragés pour demander l’aide du dangereux pirate Sao Feng (Chow Yun-Fat) et réunir la confrérie des neuf grands pirates du globe afin de décider de la marche à suivre et de la riposte. Sauf que Jack Sparrow manque à l’appel et qu’il faut le trouver coûte que coûte.

À voir l’hygiène de l’assemblée, on dirait plutôt croûte que croûte… Toujours est-il que c’est là que se jouera le sort de la piraterie, avec ses coups bas, de jarnac, de poignard dans le dos et d’éclat! Et on verra que dans le monde de la trahison, nul n’est épargné.

Un vieux rocker…

Deux nouveaux venus s’ajoutent à la longue liste des acteurs. Il y a donc ce valeureux Chow Yun-Fat en pirate mongol mais surtout Keith Richards, eh oui ce bon vieux guitariste des Stones dont les rides du visage s’incrustent bien dans son personnage du capitaine Teague, l’éminence grise de la piraterie qui intervient à la fin du film.

Drôle et amusant de le voir en père de Jack Sparrow quand on sait que Johnny Depp disait s’être inspiré du rocker pour façonner son pirate.

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