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Rivard - Le combat de Fabienne
© Le Journal de Montréal
Rémy Girard

RIVARD

Le combat de Fabienne

Maxime Demers
Le Journal de Montréal
21-04-2007 | 08h12
«Quand vas-tu enfin écrire ton premier film?» Pendant des années, la scénariste et productrice Fabienne Larouche s’est fait poser cette question des dizaines de fois. Et chaque fois, sa réponse était à peu près la même:«J’attends de trouver la bonne idée!»

Cette bonne idée, c’est son conjoint et associé, Michel Trudeau, qui la lui a donnée il y a quatre ans en lui parlant comme ça, au hasard, de ce Lucien Rivard, un caïd québécois de la drogue qui a contrôlé une grande partie du marché de l’héroïne en Amérique du Nord dans les années 1950 et 1960.

«Je suis tombée amoureuse de ce personnage, admet Fabienne Larouche.

C’est un personnage d’envergure, qui a eu un parcours fascinant. Il n’est pas un malfrat ordinaire. Il parlait quatre langues, il a contrôlé les casinos de Cuba, il a fait partie de la French Connection. Ce n’est pas rien…»

Aussitôt l’idée lancée, Fabienne Larouche et Michel Trudeau se sont mis à faire des recherches et à lire tout ce qu’ils trouvaient sur ce Lucien Rivard.

Puis, ils ont commencé à écrire le scénario du film. En anglais, d’abord.

Ils ont ensuite rapidement recruté Charles Binamé (Maurice Richard, Séraphin: un homme et son péché) pour la réalisation et Rémy Girard pour tenir le rôle de Rivard.

«On l’a écrit d’abord en anglais parce que c’était un peu après les attentats du 11 septembre et qu’il y avait un lien à faire. L’obsession des Américains pour la sécurité, ça vient des années où Rivard était actif», raconte Fabienne Larouche.

Refusé deux fois

Mais obtenir le feu vert pour ce premier film n’a pas été aussi simple qu’elle aurait pu le croire. Présenté aux institutions financières sous le titre The Cornerstone, Rivard a été refusé à deux reprises par Téléfilm Canada, ce qui a, à l’époque, provoqué la colère de l’auteure.

© Le Journal de Montréal
Fabienne Larouche
Le film a ensuite été réécrit d’un bout à l’autre, retiré du Canada anglais, puis traduit en français. Autre refus à Téléfilm.

Bref, ce n’est qu’en novembre dernier, grâce à l’aide d’urgence de 10M$ de l’ex-ministre de la Culture Line Beauchamp, que Fabienne Larouche et Michel Trudeau ont pu compléter leur budget.

«Écrire ce scénario, ça a été comme aller à la guerre», illustre la scénariste.

«Et je tiens à le dire, n’eut été la ministre Line Beauchamp, le film ne se serait peut-être jamais fait…»

Malgré les embûches, Fabienne Larouche y a quand même toujours cru.

«L’histoire qu’on raconte dépasse celle de Rivard, souligne-t-elle. On parle d’une époque qui a transformé l’Amérique d’avant en ce qu’elle est aujourd’hui. C’est un sujet important, quand même.»

En vacances en Floride, Fabienne Larouche n’a pas encore eu l’occasion de visiter son plateau de tournage. De toute façon, dit-elle, avec Charles Binamé et le directeur photo Pierre Gill derrière la caméra, et avec Rémy Girard dans le rôle titre, le plateau est entre bonnes mains.

«J’ai quand même vu les rushs (les premières images tournées)», lance-t-elle.

«Ma première réaction? J’ai fait beaucoup de séries à la télé et je me suis souvent demandé pourquoi un film, ça coûtait plus cher. Eh bien, quand j’ai vu les rushs, j’ai compris tout de suite! Tout est plus beau!»

Le tournage du thriller politique Rivard (titre de travail) a débuté le mois dernier à Montréal et se poursuivra dans quelques semaines. Les photos que vous voyez dans ce reportage sont les premières images à être dévoilées.

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