Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

La femme du gardien de zoo: un peu bancal

Isabelle Hontebeyrie

L'histoire vraie d'Antonina Zabinski, incarnée par Jessica Chastain dans La femme du gardien de zoo, sent un peu trop le factice hollywoodien.

Nous sommes à Varsovie en 1939, aux débuts de l'invasion allemande. Antonina Zabinski est la femme de Jan (Johan Heldenbergh), le gardien du zoo de la ville polonaise. Elle aime profondément les attributions qui sont les siennes - on la voit commencer ses journées par une promenade à vélo à travers les cages des animaux, suivie par un chameau - et, bien que son couple ne prenne aucune position politique publique, on la sent profondément dérangée par Lutz Heck (Daniel Brühl), zoologue allemand rencontré lors d'une soirée.

Avec les bombardements, puis l'entrée des Allemands dans Varsovie, le zoo devient un champ de ruines. Jan, en traversant le ghetto pour aller ramasser les ordures qui permettent de nourrir les animaux qui ont survécu, commence à sauver des juifs. Mais le zoo a été converti en poste pour l'armée d'invasion et Lutz Heck - obnubilé par la création d'animaux supérieurs - tente de séduire Antonia sans ménagements.

La vie s'organise, la jeune femme utilisant son piano pour prévenir les juifs vivant dans les sous-sols du zoo de la présence d'Allemands ou, au contraire, de leur absence la nuit venue.

L'histoire - tirée du journal intime d'Antonia, jamais publié, mais adapté en biographie par Diane Ackerman - est fascinante et montre, ce qui est rare, un pan méconnu de la Seconde Guerre mondiale. Malheureusement, et ce dès les premières minutes de La femme du gardien de zoo, l'accent faussement polonais de Jessica Chastain s'exprimant en anglais dérange. Et il dérange tellement - parce qu'elle dérape de temps en temps, ce qui est compréhensible - qu'on passe plus de temps à écouter sa voix que les paroles qu'elle prononce. Et parce que ce problème crée une distance avec le sujet, il devient alors impossible de s'imprégner complètement de cette histoire réalisée par la Néo-Zélandaise Niki Caro (qui nous avait donné le très inspirant McFarland avec Kevin Costner en 2013).

Le danger auquel font face quotidiennement Antonia et Jan qui risquent la mort pour leurs actions en faveur des juifs et les scènes atroces du ghetto de Varsovie souffrent de l'interprétation peu crédible de Jessica Chastain qui donne constamment l'impression d'en faire trop, surtout en comparaison avec l'Allemand Daniel Brühl qui a presque un accent britannique!

Et c'est d'autant plus regrettable que le couple Zabinski a sauvé quelque 300 juifs des camps de la mort. Le parallèle avec La liste de Schindler s'impose donc rapidement et, dommage pour nous, La femme du gardien de zoo ne tient pas vraiment la route.

Note: 3 sur 5



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