Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Tuktuq: voyage poétique au Nunavik

Isabelle Hontebeyrie

Tuktuq (qui signifie «caribou» en inuktitut) a été présenté lors de la plus récente édition des Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) et a remporté le Prix Communications et Société au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue l'an dernier.

Second opus d'un quintette cinématographique dédié aux cinq continents, la nouvelle offrande de Robin Aubert choisit de se concentrer sur les Inuits, premiers habitants de l'Amérique.

Il s'appelle Martin Brodeur (Robin Aubert), comme le joueur de hockey et est caméraman. Un jour, il est envoyé au Nunavik avec une mission précise: filmer la vie quotidienne des habitants d'un petit village inuit. Pourquoi cet étrange contrat? Parce que le gouvernement libéral s'apprête à déplacer - «déporter» est le mot utilisé dans le long métrage de fiction - la bourgade afin de permettre à une compagnie d'extraction minière d'exploiter le riche sous-sol.

Par téléphone - les conversations sont entendues en voix off -, le sous-ministre (Robert Morin) donne ses instructions à Martin. «Les belles images, c'est beau, mais ça veut rien dire en fait», explique le politicien dans l'un de ces dialogues qu'on pourrait trouver kafkaïens s'ils n'étaient pas aussi cyniques et dénués d'humanité. «Essaie de tourner là-bas comme si tu tournais un show de cuisine. [...] Force-toi pas trop», entend-on également.

À ces dialogues qui font intérieurement hurler, Robin Aubert oppose des images du Nunavut. «Les plans fixes, presque photographiques, se sont imposés d'eux-mêmes», écrit le réalisateur et scénariste dans la plaquette promotionnelle distribuée aux médias. Ce choix imprime au film de 94 minutes une poésie majestueuse et un rythme naturel, organique.

La vie des Inuits - Martin Brodeur se liera d'amitié avec les membres d'une des familles du petit village - détaillée dans toute sa banalité inhabituelle pour le public urbain que nous sommes, devient alors l'assise d'une réflexion intérieure du spectateur. Et les conversations du caméraman avec son ex (Brigitte Poupart) sont alors une occasion d'un cheminement pour le protagoniste et d'interrogations sur la liberté et la société actuelle.

Note: 3 sur 5



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