Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

La Belle et la Bête: bel effort, pas tout à fait convaincant

Isabelle Hontebeyrie

Emma Watson est parfaite, les images sont somptueuses, la réalisation de Bill Condon excellente, mais cette nouvelle production des studios Disney ne satisfait pas.

L'histoire est plus que familière, le film d'animation de 1991 étant encore présent dans tous les esprits. De fait, lorsque s'ouvre La Belle et la Bête en prises de vue réelles, on est charmé par Emma Watson. Rien dans l'actrice de 26 ans ne ressemble à une princesse Disney traditionnelle. Elle n'est pas éthérée, son visage est volontaire, sa posture assurée, son costume a été modernisé, ses yeux brillent d'intelligence.

Et pourtant, quand résonnent les paroles de la chanson Belle - notamment la partie dans laquelle la jeune femme chante que son passage préféré d'un livre est quand l'héroïne rencontre son prince charmant - le décalage commence à se faire sentir entre le dépoussiérage évident du propos et l'ancienneté des chansons.

Au fur et à mesure des 129 minutes, cette impression se confirme au fil des chansons. Belle est bien une princesse à l'image d'Anna et d'Elsa dans La reine des neiges ou de Maléfique dans le film du même titre. Elle sait ce qu'elle veut (et ce qu'elle ne veut pas en la personne de Gaston, fort bien incarné par Luke Evans), n'a pas l'intention de se laisser enfermer dans une vie étriquée, a soif de culture et de connaissances (Belle commence même à apprendre à une petite fille du village à lire) et n'hésite jamais à faire entendre sa voix. Mais, inévitablement, la musique nous ramène à une vision beaucoup plus classique du conte de fées.

Sa relation avec la Bête (Dan Stevens, mal choisi) est habilement explorée, les références au long métrage de 1946 de Jean Cocteau ne manquant pas. Les moments entre les deux protagonistes dans le château - incluant les effets spéciaux des objets domestiques animés - permettent de comprendre l'amitié, puis l'amour, qui se développe entre eux.

Mais les effets spéciaux utilisés pour la Bête forment l'autre défaut de taille. Plutôt que d'avoir recours à la captation de mouvements, Bill Condon et son équipe ont décidé de créer le personnage par ordinateur. Du coup, ses mouvements n'ont rien de naturel, surtout lors des plans moyens (une scène, notamment, sur les toits du château, fait apparaître tous les manques de cette technologie). Avec un budget de 160 millions $, et de la part de studios qui nous ont récemment donné Le livre de la jungle, cette erreur est impardonnable, surtout lorsqu'on visionne le long métrage en format IMAX.

Grâce aux décors somptueux, au jeu d'Emma Watson, de Luke Evans et de Josh Gad (l'homosexualité du personnage de LeFou, amplement relayée, n'est pas aussi évidente qu'on l'entend dire), ainsi qu'à la réalisation fluide de Bill Condon, La Belle et la Bête est loin d'être un navet. Mais est-ce un Disney mémorable? Non.

Note: 3 sur 5



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