Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

La vie en Rosie: magie, tolérance et amour

 La vie en Rosie : magie, tolérance et amour

Capture d'écran vimeo.com

Isabelle Hontebeyrie

L'office national du film est reconnu pour la qualité de ses animations et c'est un charmant dessin animé que livre ici la cinéaste Ann Marie Fleming.

La vie en Rosie: L'épopée persane de Rosie Ming - (Bande-annonce) from NFB/marketing on Vimeo.

Tout débute avec Rosie Ming, une jeune fille qui travaille dans un «fast-food» en compagnie de Kelly. Dans ses temps libres, elle écrit des poèmes qu'elle chante en s'accompagnant d'une guitare. Et, après qu'elle ait décidé d'autopublier son premier recueil, elle est invitée à un festival de poésie à Chiraz, en Iran.

Rosie est orpheline. Sa mère est morte et son père, d'origine iranienne, a abandonné sa famille et la jeune fille a été élevée par ses grands-parents chinois. Outre la poésie, Rosie a deux passions dans la vie: la couleur rose et la France, pays où elle rêve d'aller un jour. Son recueil de poèmes est d'ailleurs intitulé My Eye Full, Poems by a Person Who Has Never Been to France (qu'on peut traduire par: «Plein les yeux, poèmes d'une personne qui n'a jamais mis les pieds en France»).

Après son arrivée au festival, elle est initiée à la culture et à la poésie persanes par Mehrnaz, une professeure à l'Université de Téhéran et a des relations houleuses avec Dietmar, un participant au festival. Et, peu à peu, Rosie découvre le passé de sa famille et la valeur de la poésie.

Avec humour et émotion, Ann Marie Fleming ne recule pas devant les sujets difficiles comme le port du tchador et toute l'ambigüité de la place des femmes dans la société iranienne.

La réalisatrice et scénariste prend, dès le départ, un parti-pris à la fois original et risqué, celui de dessiner Rosie Ming en «bonhomme allumette». Si cette décision déroute pendant les premières minutes, on en reconnaît ensuite toute la sagesse. En premier lieu, cela permet au spectateur de se concentrer sur les dialogues et, grâce au savant dosage de couleurs et d'animations poétiques (les moments de l'appel du muezzin sont merveilleusement rendus), l'imagination du public travaille à son plein potentiel.

De plus, la magie de l'animation en général, et de La vie en Rosie: l'épopée persane de Rosie Ming en particulier, réside peut-être dans cette capacité à n'être qu'un canevas, qu'à suggérer aux cinéphiles des images. À eux de combler le reste en fonction de leur vécu et de leur ressenti.

Note: 3,5 sur 5



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos