Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Yes: d'un référendum à l'autre

 Yes : d'un référendum à l'autre

Capture d'écran Youtube

Isabelle Hontebeyrie

Les réalisateurs Félix Rose et Éric Piccoli s'intéressent au référendum sur l'indépendance de l'Écosse et établissent, par la voix des protagonistes, des comparaisons avec le Québec.

En 2014, les Écossais sont appelés aux urnes pour répondre à une question. Veulent-ils que la nation écossaise, partie du Royaume-Uni, devienne un pays? Simon Beaudry, se définissant comme «un artiste visuel qui s'intéresse à l'identité québécoise», décide de traverser l'Atlantique. Son objectif est double, il souhaite effectuer une performance artistique à travers l'Écosse, et veut aussi en profiter pour comparer la situation qui prévaut là-bas à celle du Québec.

Afin de sensibiliser les Écossais à la question de l'identité québécoise, il décide de porter une ceinture fléchée (une idée logique et symbolique quand on sait que la première ceinture faite à l'Assomption l'a été par un Écossais avec de la laine Shetland, fait raconté par Simon Beaudry), des lunettes à travers lesquelles on voit par une mince fente (pour symboliser les œillères et l'aveuglement) ainsi que d'un drapeau unilys. Il emporte aussi du scotch tape afin d'inscrire des mots et des phrases sur les trottoirs et les murs afin de susciter réactions et discussions. Arrivé en Écosse, Simon rencontre

Samuel Bergeron, étudiant à l'Université de Glasgow, qui décide de se joindre à lui.

Rapidement, ce qui frappe au fil des pérégrinations des deux hommes à travers la nation écossaise - Glasgow, puis Culloden, Cullen, Pitlochry puis les Highland Games -, c'est le pragmatisme des habitants. Via les conversations qu'entretient Simon Beaudry, on s'aperçoit que ceux-ci ne se définissent pas en opposition aux Britanniques et qu'ils estiment que leur pays n'est pas fondé sur les différences, mais les similitudes. De la même manière, comme le note l'artiste, la question nationale n'occupe aucune place dans le débat référendaire, ce qui prime, c'est l'économie, que l'on soit dans le camp du «yes» ou dans celui du «no». Et l'on sent également un profond attachement à l'Union européenne.

Filmé en 2014, au moment où les sondages donnent le «yes» vainqueur à 54% et où le Brexit est une impossibilité, ce documentaire acquiert donc une valeur historique et sociale indéniable à la lumière de la situation qui prévaut actuellement en Écosse depuis le Brexit, cette nation n'excluant pas de se séparer du Royaume-Uni pour continuer de demeurer dans l'Union européenne. Et si le cheminement de Simon et de Samuel n'apporte aucune réponse nette sur le Québec, «Yes» pose des questions qui ne sont pas dénuées d'intérêt.

Note: 3 sur 5



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