Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Les oubliés: la vie après la guerre

Isabelle Hontebeyrie

En nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, Les oubliés s'intéresse à un aspect peu connu de la Seconde Guerre mondiale.

En mai 1945, au Danemark, l'armée décide d'utiliser ses prisonniers allemands. Leur travail? Déminer les kilomètres de plage où sont ensevelies quelque 45 000 bombes, laissées là par l'ancienne armée d'occupation.

La haine des Danois envers les Allemands est féroce et implacable. Le sergent Rassmussen (Roland Moller), chargé de superviser le bataillon de soldats prisonniers est l'exemple type de ce désir de revanche au terme du conflit. Il affame les hommes, les fait travailler comme des brutes, les frappe, les insulte. Il ne se soucie guère que les prisonniers, ces soldats de la dernière heure, soient encore des enfants, des adolescents terrifiés.

Évidemment, avec une telle prémisse, on sait très bien que le cinéaste et scénariste Martin Zandvliet finira par livrer une histoire d'humanité. Ne reste plus qu'à voir comment il va s'y prendre.

Dans les splendides décors des plages danoises, les jeunes garçons meurent les uns après les autres lors du déminage, le premier décès frappant par son caractère aléatoire et sa stupidité. Certaines scènes sont d'ailleurs plus poignantes que d'autres, comme celle de cette petite fille qui s'est aventurée dans une zone dangereuse avec sa poupée.

Peu de choses distinguent les prisonniers, les jeunes soldats formant rapidement un bloc pour le spectateur (outre les frères jumeaux qui, eux, ont vraiment l'air d'être encore des enfants) qui se soucie donc peu de leur sort particulier, mais demeure néanmoins attentif à la manière dont certains parviendront à s'en tirer. Car Les oubliés se concentre sur Rassmussen et son évolution, sur la manière dont il va, au cours des semaines, se prendre d'affection pour ces gamins placés sous sa responsabilité, surtout au vu de l'attitude de sa hiérarchie.

Mais les motivations de Rassmussen ne sont jamais très claires, Martin Zandvliet explorant les zones grises qui font du sergent un être qu'on ne peut pas entièrement détester, mais qu'on ne peut pas, non plus, parvenir à totalement apprécier.

Note: 3,5 sur 5



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