Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Made in France: Paris dans la mire de terroristes

Isabelle Hontebeyrie

Made in France n'a pas pris l'affiche dans l'Hexagone, il n'a été distribué qu'en vidéo sur demande, le long métrage de Nicolas Boukhrief présentant trop de similitudes avec les attentats perpétrés dans la capitale le 13 novembre dernier.

Made in France a été écrit entre 2011 et 2013 et tourné en 2014. Le film raconte l'histoire d'une cellule terroriste se réclamant d'Al-Qaïda, et dont les cinq membres organisent un attentat à Paris.

Christophe (François Civil), qui veut se faire appeler Youssef, vient d'une famille française bourgeoise, tout ce qu'il y a de plus catholique. Sidi (Ahmed Dramé), lui, a encore de la famille au Mali, Driss (Nassim Si Ahmed) est un jeune radicalisé.

Le chef, c'est Abou Hassan (Dimitri Storoge), tout juste de retour du Pakistan et prêt à faire profiter ces jeunes des leçons de terrorisme apprises dans un camp d'entraînement. Puis, il y a Sam El Kansouri (Malik Zidi) qui raconte l'histoire. Il est journaliste, fils d'un père algérien et d'une mère française, et profite des prêches d'un imam extrémiste dans une mosquée pour infiltrer ce groupe afin d'en tirer un reportage.

Hassan prend rapidement les choses en main. Disant avoir obtenu au Pakistan le feu vert d'Al-Qaïda, il donne à ces jeunes hommes leur cible (les Champs-Élysées) et organise la préparation de l'attentat (fabrication de la bombe, du détonateur). Monté comme un polar, Made in France se concentre donc sur l'enquête menée par Sam, sa cueillette de renseignements, sa nécessaire collaboration avec la police et ses efforts pour arrêter l'innommable.

Ce qui frappe, d'entrée de jeu, dans Made in France, outre ses similitudes avec les attentats de novembre dernier, c'est la normalité des membres de la cellule. Ils sont pareils à tous les jeunes hommes des banlieues françaises. Nicolas Boukhrief nous montre des maisons semblables à d'autres maisons, des vies de famille que rien ne distingue des autres, une foi qui, sous l'influence de prêches, dérive vers l'intégrisme et la violence.

Les motivations et le passé des quatre hommes ne sont que très peu explorés dans le scénario de Nicolas Boukhrief. Les trépidations sont là, tant du côté musical que sur le plan des rebondissements. Les acteurs sont convaincants et le cinéaste arrive à nous faire pénétrer dans ce monde opaque. Tout cela, sans offrir de personnages suffisamment étoffés.

Note: 3 sur 5

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