Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Eye in the Sky: la guerre des drones

Isabelle Hontebeyrie

Le cinéaste Gavin Hood s'attaque aux drones dans son nouveau long métrage qui met en vedette Helen Mirren, Alan Rickman et Paul Aaron.

Connu pour X-Men les origines: Wolverine, mais aussi pour Tsotsi, le Sud-Africain Gavin Hood livre ici un film éminemment britannique, c'est-à-dire sans «bien» ni «mal», à la fois cynique et pragmatique.

Tout commence avec Katherine Powell (Helen Mirren), une colonel de l'armée britannique dont la mission est de coordonner ses forces et les Américaines au Kenya afin de capturer plusieurs terroristes, dont Ayesha Al-Hady (Lex King), une Britannique radicalisée.

Tous les hauts gradés sont devant leur écran à regarder l'opération en temps réel. Il y a, bien sûr, Steve Watts (Aaron Paul) et Carrie Gershon (Phoebe Fox), les pilotes du drone qui vont effectuer la reconnaissance avant l'envoi de la patrouille au sol, le lieutenant-général Frank Benson (Alan Rickman), qui supervise l'opération du côté anglais, Lucy Galvez (Kim Engelbrecht), l'analyse américaine, chargée d'identifier les suspects ainsi que des ministres et des politiciens.

Au sol, deux opérateurs (dont l'acteur somalien Barkhad Abdi, vu dans Capitaine Philips avec Tom Hanks) de ce que les militaires appellent des «micros RPA», c'est-à-dire de mini drones (ici, en forme d'oiseau ou de mouche) chargés d'opérer des surveillances précises sur le terrain.

Mais la situation évolue lorsque le groupe de terroristes change d'endroit et qu'il s'avère qu'ils s'apprêtent à lancer un commando suicide. L'opération de capture en devient donc une d'élimination de la menace, Katherine Powell demandant une confirmation de son ordre de lancer un missile sur la maison.

Rapidement, et par un concours de circonstances banal (une fillette se trouve à proximité de la cible), Steve Watts demande une évaluation précise des dommages collatéraux (c'est-à-dire des victimes potentielles), ce qui déclenche des discussions - et un renvoi de la patate chaude - à tous les niveaux militaires et politiques des deux pays.

Si le sujet a déjà été abordé dans Drones avec Ethan Hawke, l'intérêt du scénario de Guy Hibbert dépasse le dilemme moral que peut avoir le pilote de ces machines. Là, en une espèce de huis clos à haute teneur en suspense, tout le monde (ou presque) évite de prendre une décision.

On voit aussi les manœuvres politiques et les justifications creuses de cette action militaire. En 102 minutes, le cinéaste et sa solide équipe d'acteurs chevronnés livrent une réflexion profonde - même si certains rebondissements sont un peu incroyables - sur la guerre moderne. À voir.

Note: 3,5 sur 5

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