Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Béliers: drame en Islande…

Isabelle Hontebeyrie

Dans une vallée reculée de l'Islande, les fermiers locaux vivent principalement de l'élevage de moutons.

Deux frères, Gunmundur (Sigurður Sigurjónsson), surnommé Gummi et Kristinn (Theodór Júlíusson), surnommé Kiddi, vivent dans des fermes voisines. Ils ont beau ne pas s'être parlé depuis des années - ils communiquent par morceaux de papier livrés par un chien -, ils s'affrontent annuellement lors de la compétition du plus beau bélier de la vallée. Cette année-là, c'est Gummi qui a perdu et, à voir la manière dont il s'occupe de son cheptel, on ne peut que ressentir sa déconvenue, sa colère et son envie de se venger de cette humiliation.

Or, un jour, Gummi voit l'une de ses bêtes s'effondrer. Il redoute que cette mort brutale soit le signe d'une catastrophe, ce qui est le cas. Il s'avère que son animal a succombé à la tremblante du mouton (l'équivalent, pour les ovins, de la maladie de la vache folle), maladie hautement contagieuse aux terribles conséquences pour l'économie locale. Les fermiers sont atterrés, les services sanitaires entrent en jeu, demandant la mise à mort de la totalité des cheptels de la vallée et une interdiction de l'élevage de moutons pendant deux ans.

Il suffit de voir la manière dont les autorités font froidement - ce qui rend les scènes d'autant plus affreuses - leur travail pour mesurer l'ampleur de l'épreuve qui s'abat sur les fermiers (un fonctionnaire demande même à Gummi, vieil homme, s'il a pensé à l'avenir et à ce qu'il allait faire). Les deux frères réagissent totalement différemment. Kiddi se réfugie dans l'alcool, tandis que Gummi continue de travailler froidement, sans jamais perdre de vue son objectif (oui, Béliers est aussi une sorte de suspense).

Œuvre du réalisateur Grímur Hákonarson, Béliers est un film qui ne manque pas d'intérêt. Il a d'ailleurs reçu le prix Un certain regard au dernier Festival de Cannes, en plus d'être le long métrage qui a représenté le pays - mais qui n'a pas été retenu - dans la course aux Oscars. Mais, je l'avoue, il n'est pas évident du tout de s'identifier aux protagonistes.

Les paysages superbes, les couleurs sombres, la dureté du propos, la sobriété, le souci du détail et l'humour (surtout noir) sont autant d'éléments qui frappent dans ce long métrage qu'apprécieront les amateurs de cinéma étranger.

Note: 3,5 sur 5

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