Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Premières neiges: cœur brisé

Isabelle Hontebeyrie

Paul Doucet et Suzanne Clément incarnent un couple à la dérive dans le film Premières neiges. Dès l'ouverture, on sait que quelque chose ne va pas dans la relation entre David (Paul Doucet) et Maya (Suzanne Clément). Même dans l'intimité, il y a quelque chose de forcé.

Ils sont mariés depuis suffisamment longtemps pour avoir deux enfants, dont l'un est un préadolescent. Il travaille de nuit dans un CHSLD pendant qu'elle reste à la maison et s'ennuie ferme, d'autant - et on découvre leur vie par petites scènes de quelques minutes à la fois - qu'elle est d'origine russe et n'a qu'une seule amie.

David est un ancien alcoolique rongé par la culpabilité, qui adore réparer les vieux appareils. Maya aime les jeux vidéo, les grosses télés, son cellulaire, les personnages de BD, toute une culture à laquelle David est totalement étranger.

De légère au début de Premières neiges, la mésentente du couple va devenir un véritable gouffre alors que David est persuadé que sa femme le trompe.

On comprend, par la forme - caméra fixe, courtes scènes -, l'intention du réalisateur et scénariste Michael Rowe. Mais cette exploration ne parvient pas à convaincre pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, il faut bien le dire, le faux accent russe de Suzanne Clément n'est pas crédible. Impossible pour le spectateur d'oublier qu'elle n'est pas Québécoise alors que Paul Doucet, alternant entre les deux langues (le long métrage est moitié en français pour les scènes au CHSLD, moitié en anglais pour les moments conjugaux), ne dérange pas.

La désagrégation de la relation est, il faut bien le dire, finement observée, Michael Rowe ayant un œil pour le détail et la mise en scène de cette indifférence qu'a Maya pour son époux. Et c'est là que le bât blesse. Entre une femme qui s'en fout et un mari maladroit, le spectateur ne parvient absolument pas à se sentir partie prenante de ce drame, dont la durée totale est de 96 minutes et qui aurait probablement gagné à faire l'objet d'un court-métrage avec plus de rebondissements.

On ressort de Premières neiges avec le sentiment dérangeant d'être passé à côté de quelque chose et c'est bien dommage, la faute ne pouvant être imputée aux acteurs.

Note: 2,5 sur 5

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