Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Soleil de plomb: l'amour en trois temps

Isabelle Hontebeyrie

Le réalisateur croate Dalibor Matanic se penche sur l'amour à travers trois histoires, totalement séparées, qui se déroulent en 1991, en 2001 et en 2011. Le point commun entre celles-ci? Les acteurs Goran Markovic et Tihana Lazovic, qui incarnent les différents amoureux.

Soleil de plomb s'ouvre en 1991, sur l'histoire de Jelena (Tihana Lazovic) et Ivan (Goran Markovic). Lui est trompettiste, elle rêve de s'enfuir à Zagreb avec son amoureux. Tous deux passent l'après-midi au bord du lac situé non loin de leurs deux villages - l'un serbe, l'autre croate -, mais des camions de soldats arrivent et le couple se dépêche de se séparer et de rentrer chacun chez soi. Le frère de Jelena, un soldat, voit d'un bien mauvais œil la relation de sa sœur, Ivan étant «l'ennemi».

De son côté, le jeune homme a des soucis avec sa grand-mère, cette dernière n'ayant plus toute sa tête. Le projet de fuite des amoureux sera, malheureusement, coupé net, le dénouement de leur histoire étant tragique.

Dix ans plus tard, même lieu, mais personnages différents. Natasha (Tihana Lazovic) revient avec sa mère (Nives Ivankovic) dans la maison familiale, détruite par la guerre. Elles se mettent en tête de reconstruire, de tenter de se refaire une existence à peu près normale. Quand la mère embauche Ante (Goran Markovic), un réparateur croate, Natasha - elle ne se remet pas de la mort de son frère, tué lors du conflit - ne peut tolérer sa présence, même si elle est attirée par lui.

En 2011, Luka (Goran Markovic) revient dans son village pour participer à une soirée. La vie semble vouloir reprendre peu à peu, les traces - et les souvenirs - de la guerre s'estompent peu à peu. Mais le jeune homme s'en veut terriblement d'avoir abandonné Marija (Tihana Lazovic), son amoureuse serbe, lorsqu'elle est tombée enceinte de lui. Et si le message final de cette troisième histoire est optimiste, il se dégage de cette œuvre de Dalibor Matanic une profonde tristesse.

Les trois intrigues sont inégales, bien que poignantes. Le cinéaste donne (entre la première et la deuxième histoire ainsi que dans la troisième) une importance démesurée à la musique, certaines scènes semblant n'exister que pour la trame sonore. Ces quelques longueurs sont accentuées par la faiblesse relative de la confrontation permanente entre Natasha et Ante.

Néanmoins, la construction de Soleil de plomb s'avère fascinante et donne un regard inédit sur ce conflit.

Note: 3,5 sur 5

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