Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Carol: Cate Blanchett crève l'écran

Isabelle Hontebeyrie

Tant Cate Blanchett que Rooney Mara sont impressionnantes dans cette histoire d'amour lesbien, mais il leur manque un peu de chaleur pour nous convaincre.

Nul doute que Cate Blanchett trouvera ici de quoi obtenir une cinquième nomination aux Oscars, car son jeu est absolument impeccable dans Carol.

Adaptation du roman du même titre (pour la version française. L'anglaise, elle est The Price of Salt) de Patricia Highsmith, publié en 1952 sous le pseudonyme Claire Morgan, Carol débute sous forme de retours dans le temps. La jeune Therese Belivet (Rooney Mara qui a ici de petits airs d'Audrey Hepburn) se remémore son histoire d'amour avec Carol Aird.

C'est dans le grand magasin dans lequel elle travaille, au rayon des jouets, que Therese voit Carol pour la première fois, et en tombe instantanément amoureuse. Le coup de foudre semble réciproque, pourvu qu'il soit possible de s'en rendre compte dans l'Amérique puritaine des années 1950.

Pourtant, Carol, repartie finalement avec un train électrique pour Rindy, sa petite fille, laisse - à dessein? - ses gants sur le comptoir. Therese, qui a son adresse, le cadeau de Noël devant être livré, lui poste les accessoires oubliés. Carol en profite pour rencontrer la jeune femme afin de la remercier et l'inviter chez elle.

Or, Carol est en instance de divorce d'avec Harge (Kyle Chandler) et la situation est assez tendue, le mari faisant montre d'une possessivité et d'une jalousie émanant d'une liaison qu'a eue sa femme avec Abby (Sarah Paulson), sa meilleure amie et marraine de Rindy. Therese se trouve en pleine scène de ménage, ce qui ne laisse rien augurer de bon pour l'avenir de cette relation naissante.

La menace qui plane sur Carol semble se confirmer quand Harge décide de prendre Rindy pendant les Fêtes, laissant sa future ex-femme seule. Carol propose donc à Therese de l'accompagner lors d'un road-trip vers l'ouest des États-Unis, ce que cette dernière s'empresse d'accepter.

La suite de ce long métrage de 118 minutes est une merveille visuelle. Tant les décors que les costumes (le rouge des tenues de Cate Blanchett est savamment utilisé) accrochent l'œil tout en nous plongeant dans une époque révolue.

Cate Blanchett, dont le rôle de Carol est secondaire puisque l'histoire est racontée du point de vue de Therese, crève l'écran, écrasant presque la prestation de Rooney Mara, pourtant fort bonne, mais au jeu trop léger pour faire véritablement contrepoids. Quant aux sous-entendus, à ces gestes et regards prudemment appuyés, ils demandent de la part des deux actrices une retenue exceptionnelle - voulue par le réalisateur Todd Haynes -, mais qui nous empêche de croire complètement à cette passion dévorante que vivent les deux femmes.

Note: 3,5 sur 5

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