Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Messe noire: un bain de sang

Isabelle Hontebeyrie

Johnny Depp renoue avec un rôle sérieux, mais Messe noire ne tient pas ses promesses.

Whitey Bulger (Johnny Depp) est un criminel particulièrement célèbre aux États-Unis, ce parrain de la mafia de Boston ayant été recherché par le FBI pendant plus d’une décennie pour être finalement capturé en 2011.

Le long métrage réalisé par Scott Cooper (Au cœur du brasier) est l’adaptation d’une biographie écrite par deux journalistes du Boston Globe. L’histoire commence en 1971. Bulger, qui a passé une dizaine d’années derrière les barreaux, est obsédé par les Angiulo, une famille italienne qui contrôle une bonne partie des activités criminelles de la ville.

Parallèlement, côté personnel, Bulger a un fils de 6 ans avec Lindsey Cyr (Dakota Johnson). Celle qu’on a vu récemment dans 50 nuances de Grey, se révèle surprenante de finesse et capable de tenir tête à Johnny Depp dans ce long métrage, au point qu’on aurait aimé la voir plus longtemps à l’écran. Le frère de Bulger, Billy (Benedict Cumberbatch dont l’accent bostonien passe mal), est sénateur.

Quand John Connolly (Joel Edgerton), un ami d’enfance qui travaille au FBI lui offre l’occasion de devenir informateur pour l’organisation gouvernementale, Whitey accepte, sans trop se mouiller. Car il a effectué le calcul. En tant que protégé du FBI, il pourra se livrer à toutes les exactions possibles en toute impunité. Ce qu’il fait, laissant alors libre cours à sa violence, tuant sans hésiter toute personne qui se met en travers de son chemin.

Certains membres du FBI, notamment l’agent Fred Wyshak (Corey Stoll), commencent à se poser des questions. En quoi Bulger est-il utile à l’organisation, en quoi les renseignements qu’il dispense aident-ils les autorités à faire leur travail, d’autant que les cadavres s’accumulent. Il faudra finalement que l’agent John Morris (Corey Stoll) parle aux journalistes du Boston Globe pour que la vérité éclate au grand jour.

Un film biographique sur un criminel dont la débrouillardise lui permet d’échapper aux autorités pendant un certain temps est toujours jouissif. Il suffit de penser à Blow (2001) dans lequel Johnny Depp incarnait George Jung, l’homme à avoir introduit la cocaïne sur le marché américain dans les années 1970. La comparaison s’impose d’autant plus immédiatement que Bulger est un personnage fascinant, ayant réussi à être en cavale pendant 16 ans.

Mais ces promesses de départ ne sont pas tenues. Bulger, devant la caméra de Scott Cooper n’est qu’un psychopathe qui aligne les corps (et le jeu de Depp se borne à répéter les mêmes expressions), tout comme Donelly n’est qu’admiratif de son ami d’enfance. Pas de doute, le scénario de Messe noire, tout comme celui d’Ennemis publics (2009) – dans lequel Depp tenait le rôle du gangster John Dillinger – présente des personnages unidimensionnels, dont on passe son temps à se demander ce qui les anime vraiment. Par contre, tous les rôles secondaires de Messe noire sont tenus par de très bons acteurs – Kevin Bacon, Peter Sarsgaard, Juno Temple -, mais leur présence ne suffit pas à relever ce long métrage somme toute commun.

Note : 3 sur 5

Aussi sur Canoe.ca:



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook

En production: «Messe noire»

Voir en plein écran
Previous Next

Vidéos

Photos