Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

L'empreinte: la véritable histoire du Québec

 L'empreinte : la véritable histoire du Québec

Yvan Dubuc et Carole Poliquinm les réalisateurs de L'empreinte, accompagnés de Roy Dupuis.Photo Marco Weber / Agence QMI

Isabelle Hontebeyrie

Roy Dupuis se transforme en interviewer dans L’empreinte, un documentaire passionnant qui revisite notre histoire, mettant à mal, au passage, toutes les idées reçues sur notre passé.

Réalisé par Carole Poliquin et Yvan Dubuc, L’empreinte est conçu sans effets de style (par exemple des reconstitutions, chose qui me dérange systématiquement), ce qui oblige à se concentrer sur le propos. Et le propos happe dès le début, quand Roy Dupuis met ses pas dans ceux de Champlain avec l’historien Denys Delâge.

Ces premières minutes remettent immédiatement les choses en contexte. Les Français sont arrivés ici, non pas pour s’emparer des terres ni assujettir des populations, mais pour commercer avec les Amérindiens. Dès le départ, ce mandat – délivré par le roi de France – va jeter les bases d’une coopération avec les Amérindiens. Celle-ci, avec les années, se muera en partenariat et en un métissage dont la société québécoise d’aujourd’hui est l’héritière.

Pour donner une idée de l’ampleur du travail accompli par les réalisateurs, il faut citer quelques-uns des noms des personnes interviewés. L’anthropologue Serge Bouchard, dont le talent rendrait passionnant n’importe quel sujet aride, l’honorable Louise Otis, instigatrice de la médiation judiciaire au Québec, professeure adjointe à la faculté de droit de l’Université McGill, qui explique la manière dont nos institutions reflètent ce mélange des cultures, c’est sans parler de Nicole O’Bomsawin, anthropologue abénaquise, de Joséphine Bacon, poétesse innue, de Luc Godbout, directeur du Département de fiscalité de l’Université de Sherbrooke, ou de Denis McKinnon, directeur général de la Table nationale des corporations de développement communautaire 2006-2014, dont les propos nous font comprendre d’où nous venons, mais aussi les raisons pour lesquelles nous ne le savons plus.

Car c’est probablement là le point d’orgue de L’empreinte, cet oubli terrible de notre passé, le fait que nous ayons choisi d’occulter un pan si important de notre histoire. Filmé au rythme des saisons (et de la nature) dans des paysages à couper le souffle, ce documentaire creuse, fouille, explique les fondements de notre identité.

Bien loin d’une simple argumentation, L’empreinte entraîne également dans une réflexion qui dépasse la simple analyse historique. On demeure scotché à l’écran, à suivre ce fil logique qui nous permet de comprendre un peu mieux qui nous sommes. Passionnant et un incontournable pour tout le monde, y compris les jeunes qui trouveront ici de quoi se passionner pour l’histoire.

Note: 4 sur 5

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