Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Bien bons hommes des cavernes

 Les Croods - Bien bons hommes des cavernes

Isabelle Hontebeyrie

Dernière mise à jour: 18-03-2013 | 12h32

Le très bon film d’animation Les Croods propose des rires, de l’action, du délire et beaucoup d’émotion pour les 7 à 77 ans.

Les Croods ne sont pas des gens comme les autres. Les membres de cette famille délirante sont dopés aux stéroïdes dans ce dessin animé, véritable feu roulant d’aventures éclatées de 1 h 38, mon coup de cœur de cette semaine cinéma.

Grug (voix de Nicolas Cage en version originale) est le chef de cette famille atypique, composée d’Ugga (Catherine Keener), la mère, d’Eep (Emma Stone), la fille, de Thunk (Clark Duke) le fils, d’un bébé et de Gran (Cloris Leachman), la grand-mère.

Le ton est donné dès la première scène, qui a trait à une chasse à l’œuf illustrant toutes les habilités — et les faiblesses — des personnages. Grug est le peureux par excellence, qui garde sa famille en vie (et ce ne sont pas les dangers qui manquent en cette période préhistorique!) à coups d’interdictions. Ugga est la raisonnable, Thunk le fils de son père et Eep, l’adolescente rebelle qui ne rêve que de grands espaces et de liberté. Gran, de son côté, est la petite vieille acariâtre en lutte constante avec son gendre.

Lors d’une sortie nocturne — interdite, cela va de soi —, Eep fait la connaissance de Guy (Ryan Reynolds), un jeune solitaire dont les inventions — le feu et les chaussures — sont révolutionnaires. Il prévient les Croods d’un danger imminent : la fin du monde, provoquée par la dérive des continents. Voici pour le cadre général.

De manière spécifique, j’ai adoré Grug, illustration parfaite de l’omniprésente paranoïa parentale prévalant en ce moment chez nos voisins du Sud, qui interdisent à leurs jeunes de sortir seuls ou de jouer dehors sous prétexte qu’un accident est si vite arrivé. La relation père-fille est également habilement exploitée, reflétant l’éternelle opposition entre ancien et nouveau, évolution et stagnation.

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Guy, le doux rêveur, est dépeint avec beaucoup de poésie que certains trouveront un peu cul cul, mais qui m’a charmée (son rêve de chevaucher le soleil — et les images qui vont avec — est splendide).

L’humour n’est pas en reste et les amateurs de films d’animation retrouveront des points communs avec L’ère de glace (dans les nombreux clins d’œil hilarants pour adultes), Dragons (dans la manière de parler des jeunes), Madagascar (dans la folie, les couleurs et les animaux déjantés), et même Histoire de jouets (dans le message de la nécessité d’une collaboration en groupe).

Le 3D est extrêmement bien pensé, qu’il s’agisse de l’immersion dans un splendide univers imaginaire ou des jeux avec la profondeur (un peu à la Les petits pieds du bonheur 2).

Même si les critiques ont tendance à froncer le nez devant les films d’animation, ce n’est pas un hasard si Les Croods a été présenté à la Berlinale en février dernier. Sans atteindre le niveau de Là-haut (premier film d’animation à avoir fait l’ouverture du Festival de Cannes en 2009), il constitue néanmoins un excellent divertissement intelligent qu’on est certain de retrouver en compétition aux Oscars de l’an prochain.

 



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