Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Une comédie succulente et exquise

 Les saveurs du palais - Une comédie succulente et exquise

Isabelle Hontebeyrie

Dernière mise à jour: 26-02-2013 | 09h37

De prime abord, Les saveurs du palais est une mignonne petite comédie. Mais, à y regarder de plus près, on s’aperçoit que c’est un film extrêmement subtil et raffiné, qui laisse un souvenir durable.

Laissez au vestiaire les préjugés que vous pourriez avoir contre les films français, car Les saveurs du palais est un petit délice qu’on savoure, et ce, même si on n’est pas friand de longs métrages dits culinaires. Car ce film du réalisateur Christian Vincent mettant en vedette Catherine Frot et Jean D’Ormesson est bien plus qu’un «film de bouffe».

Les saveurs du palais est un habile mélange d’émotion, de sujets sérieux et d’humour léger, une recette gagnante!

Le point de départ? Danièle Mazet Delpeuch, ancienne chef de la cuisine personnelle de François Mitterrand. Autour de son histoire, bien réelle, les scénaristes Étienne Comar et Christian Vincent ont ajouté leur sauce, la transformant en Hortense Laborie.

Nous suivons donc cette cuisinière de sa ferme de la campagne française aux ors du palais présidentiel tout en voyant, en parallèle, sa nouvelle affectation dans une base de l’Antarctique.

Hortense se heurte dès le début au machisme et au protocole qui règnent à l’Élysée. Première femme dans les cuisines du président – et de surcroît les privées, échappant à tout contrôle des officielles –, elle bataille dur pour y faire sa place ainsi que pour imposer ses manières de faire.

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Cela n’empêche pas Hortense, magnifiquement incarnée par Catherine Frot (nommée aux César comme meilleure actrice pour sa prestation), de douter, de ne pas comprendre pourquoi elle a été engagée à la demande expresse du président (Jean d’Ormesson dont la première apparition à l’écran ne m’a pas convaincue, surtout en Mitterrand... je le préfère écrivain!). Cette femme de tête et de cœur se révèle donc tout en demi-teintes avec ses certitudes, ses interrogations et son éthique.

On retrouve aussi, dans Les saveurs du palais, quelque chose que nous avons perdu depuis quelques années, tous que nous sommes, pris dans nos vies au rythme effréné : le goût du vrai et de l’authentique. Les odeurs des fruits et des légumes, les plats préparés et sortis du four, fumants et colorés (la scène du chou farci au saumon donne l’eau à la bouche), les moments passés à se souvenir de la cuisine «traditionnelle», celle de nos grands-mères, lesquelles passaient des heures à mitonner le plat parfait.

Oui, ce long métrage est un film pour gourmands, mais pas simplement de bonne bouffe, c’est un film pour tous les appréciateurs de la vie et de ses nombreux plaisirs.



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