Isabelle Hontebeyrie
Agence QMI

Un cocktail surprenant

 La nuit des enfants rois - Un cocktail surprenant

Isabelle Hontebeyrie

Dernière mise à jour: 23-02-2012 | 12h49

Deux choses m'ont surprise de La nuit des enfants rois: le fait que ce soit un film d'animation et l'utilisation du 3D.

La nuit des enfants rois est d'abord un roman policier de Bernard Lentéric, que j'ai lu il y a trop longtemps et que j'ai beaucoup aimé.

C'est aussi un film d'animation — pour adultes, pas question d'y emmener vos petits, le niveau de violence est assez impressionnant — réalisé par Antoine Charreyron qui a également utilisé la technique de motion capture (captation de mouvements, celle-là même utilisée pour Les aventures de Tintin ou La montée de la planète des singes).

Le résultat? Une facture hybride. On a l'impression d'être à la fois dans un «vrai» film, un long métrage d'animation et, parfois, dans un jeu vidéo (lors des séquences les plus violentes).

L'histoire se prête bien à ce cocktail surprenant. Certains enfants sont doués de pouvoir mental surhumain qui leur permet de contrôler les autres à leur gré. C'est ainsi que Jimbo, devenu orphelin, est recueilli par Killian. Il se pense à l'origine de la mort de ses parents, s'accusant de les avoir poussés à s'entretuer.

Adulte, Jimbo travaille pour la Fondation Killian, qui a pour but inavoué de trouver d'autres enfants prodiges via un jeu vidéo en ligne.

À CONSULTER:
Et c'est ce qui se produit. Cinq jeunes sont identifiés comme ayant les mêmes pouvoirs que Jimbo. Mais Killian décède, et la Fondation est reprise par sa fille qui n'a qu'une idée en tête: rentabiliser les opérations.

La quête d'enfants surdoués devient donc une émission de téléréalité. Et lorsque les cinq jeunes se retrouvent, ravis de ne plus être seuls, ils se font sauvagement agresser.

Les pressions exercées par la fille de Killian font clore l'enquête et les criminels demeurent impunis... jusqu'à ce que les cinq prodiges décident de se faire justice eux-mêmes.

Mais Jimbo veut les en dissuader.

Le visuel est si peu conventionnel qu'on passe plus de temps à regarder ce qu'il y a sur l'écran qu'à s'intéresser réellement aux personnages.

Par ailleurs, le 3D ne sert pas à grand-chose. Passés les moments les plus violents — et il y en a — où l'utilisation du relief trouve sa justification, cela devient un gadget inutile, comme dans beaucoup de longs métrages.

On ressort donc de la projection en se disant que La nuit des enfants rois n'est pas mal du tout, mais que cela aurait pu être mieux. On se questionne notamment sur l'emploi de l'animation au détriment de «live action» (un choix qui se justifie en raison du contenu de l'histoire, impossible de rendre certaines scènes autrement), mais on reste avec la désagréable impression que cela aurait pu être nettement plus enlevant.



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