À l'origine d'un cri

Acteurs brillants et film remarquable - À l'origine d'un cri

Cédric Bélanger

Dernière mise à jour: 23-09-2010 | 15h41

En exposant sans complaisance et dans une série de vignettes marquantes la dérive de trois générations d’hommes d’une même famille, le réalisateur Robin Aubert a créé l’un des meilleurs films québécois de 2010 avec À l’origine d’un cri.

Présenté récemment au Festival international du film de Toronto et sélectionné dans au moins quatre autres festivals, ce brillant roadmovie devrait récolter sa part de candidatures au prochain gala des prix Jutra.

Pourquoi? D’abord en raison d’un scénario finement élaboré. Un veuf (Michel Barrette), incapable d’accepter la mort de sa femme va, lors d’une nuit d’ivresse, déterrer son cadavre. Il prendra la fuite, errant de motel en motel.

Son fils issu d’une précédente union, Hugo (Patrick Hivon), un homme hanté par une agression subie dans son enfance et qui trouve refuge dans l’alcool, la violence et le sexe, sera chargé par la famille de le retrouver.

Il sera accompagné de son grand-père(Jean Lapointe), un ancien coureur de jupons à la réplique cinglante. Ces trois hommes de peu de mots, en chemin, verbaliseront des frustrations, des désirs et les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre.

SCÈNES MARQUANTES

Robin Aubert a aussi relevé avec brio le défi de suggérer ou de montrer des actes horribles ou répugnants. Le film s’ouvre sur une scène de pédophilie coup-de-poing, qu’Aubert a choisi de ne pas exposer ouvertement.

À consulter:
Pendant qu’on entend par le menu détail les paroles échangées entre l’agresseur et sa jeune victime, de même que le bruit de la fellation, la caméra se fixe sur un aquarium.

Brillante et brutale mise en scène, qui produit l’effet recherché. Même malaise quand le personnage de Michel Barrette déshabille et lave avec soin le cadavre de sa femme dans une chambre de motel.

Aubert ne pouvait trouver une façon plus directe, mais en même temps aussi sobre, de nous plonger dans le désespoir de cet homme. On reste moins marqué par ces quelques scènes oniriques où surgissent des fantômes de disparus, dont celui de l’épouse disparue. Mais, à ce titre, le cinéaste aura eu le mérite d’oser.

ACTEURS REMARQUABLES

Cela dit, la réussite d’À l’origine d’un cri repose aussi, et surtout, sur les épaules d’un remarquable trio d’acteurs.

À commencer par Patrick Hivon, qui habite complètement son personnage, lui insufflant une rage qu’on dirait venir de ses propres tripes. Quant à Michel Barrette, il donne au sien un désespoir si profond et si crédible qu’on se demande pourquoi il n’a pas joué davantage de rôles dramatiques à ce jour.

La distribution compte aussi sur les excellentes performances de Jean Lapointe et de Louise Latraverse, qui campe la mère d’Hugo.


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