Mères et filles

Mères en trois temps - Mères et filles

Dernière mise à jour: 09-09-2010 | 16h32

Habitant à Toronto depuis dix ans, Audrey mène une vie très indépendante qui la rend heureuse.

Alors qu’elle retourne en France rendre visite à ses parents, la femme dans la trentaine tombe par hasard sur un cahier de recettes qui a appartenu à sa grand-mère, Louise.

Ce journal pourrait peut-être expliquer finalement le départ du domicile conjugal de la mère de famille dans les années 50.

Troisième long métrage écrit et réalisé par Julie Lopes-Curval (Toi et moi, Bord de mer), Mères et filles met en scène trois actrices bien connues des cinéphiles.

Dans la peau de Martine, il y a la grande Catherine Deneuve, qui se passe de présentations. Effrayée par les voyages et autoritaire avec sa fille, Martine est incarnée avec justesse par l’actrice, si bien qu’on se demande jusqu’à quel point ce personnage lui ressemble dans la vraie vie.

Portant une partie du film sur ses épaules, Marina Hands (Lady Chatterley, Les Invasions barbares), est attachante et son Audrey se questionne avec raison sur le passé de sa famille.

Les confrontations avec le personnage de Catherine Deneuve sont criantes de réalisme. «Pourquoi tu m’agresses? Tout t’agace !», dit la femme d’affaires à sa mère.

Dans le rôle plus effacé et presque muet de Louise, on retrouve la Québécoise Marie-Josée Croze, qui n’en finit plus d’accumuler les rôles outremer.

À consulter:
Opprimée par sa situation familiale dans les années 50, Louise a de jeunes enfants et est malheureuse. En regardant la prestation de Marie-Josée, on sent la détresse dans les yeux de ce personnage.

PASSÉ ET PRÉSENT

Porté par la belle musique de Patrick Watson et des paysages de bord de l’eau apaisants, Mères et filles est un film qui joue sur le passé et le présent, sur les rapports familiaux et les secrets enfouis parfois bien loin.

La réalisatrice et scénariste ne s’est pas cachée qu’elle avait envie de parler de la place de la femme aujourd’hui et de l’évolution de sa situation depuis quelques années. En voyant la vie que mène Audrey, qui n’a pas hésité à voyager jusqu’au Canada pour occuper un emploi qu’elle désirait, on voit le contraste immense avec le personnage de Louise.

Martine, quant à elle, est entre les deux mondes, plus près de celui de sa mère que celui de sa fille. Le long métrage devait initialement s’appeler La cuisine, car selon la cinéaste, les progrès de l’électroménager ont été libérateurs pour les femmes.

La cuisine est aussi un endroit de réconfort pour le personnage d’Audrey, qui y a passé une partie de son enfance. «La pièce est une incarnation de la condition féminine à travers le temps», a fait remarquer Julie Lopes-Curval.

Mais le titre choisi importe peu, car Mères et filles s’avère un film intéressant, porté principalement par le jeu de deux actrices de générations différentes (Deneuve et Hands) qui se font face de façon percutante.


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