La grande noirceur

Le Torrent - La grande noirceur

 

Véronique Harvey

Dernière mise à jour: 23-10-2012 | 16h55

MONTRÉAL - L’œuvre d’Anne Hébert a décidément un côté cinématographique, puisque le réalisateur québécois Simon Lavoie est le troisième de son genre à adapter une nouvelle de la célèbre écrivaine au grand écran.

En effet, après Kamouraska, porté à l’écran par Claude Jutra en 1973, et Les Fous de Bassan, adapté par Yves Simoneau en 1987, Simon Lavoie (Laurentie, Le déserteur) s’attaque cette fois-ci à la deuxième œuvre publiée par Anne Hébert, en 1950, Le Torrent.

On se transporte donc au début du vingtième siècle, dans une petite ferme isolée au fond des bois, là où vit Claudine (Dominique Quesnel) et son fils François (Victor Andrès Trelles Turgeon). Ostracisée par les siens depuis plusieurs années, cette femme amère tente d’élever son fils selon la plus stricte tradition religieuse. Son objectif : faire de ce «bâtard» un prêtre et ainsi redorer son blason et se réhabiliter dans la société qui l’a autrefois exclu.

À son retour du collège, où il a remporté la totalité des méritas et des bourses qui s’y rattachent au fil des ans, François décide de confronter sa mère pour la toute première fois en lui précisant qu’elle devra faire une croix sur son rêve de le voir un jour devenir prêtre, puisque la vie l’appelle ailleurs.

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Prise de panique, la «grande Claudine» lèvera une fois de trop la main sur son fils et ce dernier y laissera son ouïe. La seule sonorité terrestre qu’il perçoit désormais est le grondement du torrent, représentatif de son tumulte intérieur. Confiné au silence quasi total, François sombrera ainsi dans un profond délire.

Les années passent et François se complaît dans sa solitude, jusqu’au jour où il fait la rencontre d’une jeune fille mystérieuse qu’il nommera Amica (Laurence Leboeuf). Tous deux apprendront ainsi à s’apprivoiser tranquillement.

Malgré quelques longueurs (Lavoie a réussi à produire un long métrage de plus de 2 h 30 alors que la nouvelle d’Anne Hébert ne faisait qu’une cinquantaine de pages), le Torrent est une œuvre d’une grande noirceur, certes, mais parfaitement enrobée de poésie et d’images sublimes.

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