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Alphée des étoiles - Une lettre d'amour d'un père à sa fille
Photo courtoisie
Alphée des étoiles
Cote de Canoë
4/5

ALPHÉE DES ÉTOILES

Une lettre d'amour d'un père à sa fille

Fabien Boileau
05-10-2012 | 04h04

MONTRÉAL – Près d’un an jour pour jour après la sortie de son long métrage documentaire République : un abécédaire populaire, le réalisateur Hugo Latulippe revient avec Alphée des étoiles, projeté en première mondiale le 11 octobre dans le cadre de la 41e édition du Festival du nouveau cinéma (FNC).

De ce long-métrage documentaire, Hugo Latulipe est le réalisateur, le scénariste, l’acteur, le producteur, mais surtout le père. Alphée des étoiles retrace un an dans une vie, un an durant lequel le cinéaste a décidé de partir avec sa famille afin de s’éloigner des habitudes et de se rapprocher de l’espoir.

Alphée, 5 ans, est atteinte du syndrome Smith-Lemli-Opitz, une maladie génétique très rare qui ralentit le développement neurologique et musculaire. Ses parents, Hugo Latulippe et Laure Waridel, refusent de placer leur fille dans une école spécialisée et quittent Montréal pour se rapprocher des Alpes Suisses et de leurs sommets.

Alphée des étoiles  est tout sauf un documentaire qui tombe dans le pathos, ou qui emprunte les raccourcis usuels pour traiter ce genre de thématique. Sous fond de paysages stupéfiants de beauté, Alphée des étoiles  est avant tout une lettre d’amour d’un père à sa fille. Le long métrage documentaire a presque l’allure d’un film de famille, on assiste à de rares moments de complicité, de rires et de profondes émotions. En plus de son regard, Hugo Latulipe prête sa voix à ce documentaire, le plus souvent pour s’adresser à sa fille, commenter ses actes et l’encourager dans ses progrès.

Le film oscille constamment entre le récit et le conte, tout en étant constamment ancré dans le réel comme cette scène dans la forêt où la petite Alphée semble communiquer avec la nature et un certain «Tintin», un instant magique à contempler et très certainement incroyable à saisir en images. Sûrement plus agréable que la scène de la sortie scolaire, où le père filme, impuissant, les quolibets que subis la petite Alphée; le regard désemparé d’un père qui doit apprendre à laisser sa fille évoluer seule dans un monde impitoyable.

Alphée des étoiles  est une véritable leçon de vie, et va au-delà d’un hymne à l’acceptation de l’autre dans sa différence puisqu’il arrive à inverser le processus, et à nous faire penser que la différence ne vient pas d’Alphée, mais bien de nous. Un long métrage documentaire à ne pas manquer.