DREDDSimple et sans fla-flaSteve Tilley 21-09-2012 | 04h57
TORONTO — Sylvester Stallone ne survivrait pas une minute dans cet univers. Le film Dredd (ou Dredd 3D, si vous préférez la version en trois dimensions) n’a rien à voir avec le Juge Dredd de 1995, ce long métrage de science-fiction qui mettait en vedette Sylvester Stallone dans le rôle d’un policier futuriste tout-puissant. On a plutôt décidé de s’inspirer de la bande dessinée du Royaune-Uni qui a donné naissance, dans les années 1970, au juge Joseph Dredd. C’est l’acteur Karl Urban qui se glisse dans les habits et sous le casque du vil juge Dredd dans cette refonte cinématographique. Dans ce film fondé sur une intrigue simple et dépouillée, l’habile et stoïque juge Dredd (Karl Urban, qui ne retire jamais son casque) se voit jumelé avec une nouvelle recrue, la juge Cassandra Anderson (Olivia Thirlby). Même si cette dernière a échoué à ses examens d’admission, on lui a néanmoins donné une seconde chance en raison des ses habiletés psychiques. Parce qu’après tout, il est beaucoup plus facile d’interroger des truands lorsqu’on peut lire dans leurs pensées, non ? Comme dans le film Jour de formation — mais sans tous les affreux coups bas —, les deux collègues sont chargés d’enquêter sur un triple meurtre survenu dans le bidonville de 200 étages de Méga-City One, une mégapole en proie à la criminalité urbaine et dont l’emprise s’étend sur une bonne partie de la côte Est américaine.
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Lorsque les deux juges se pointent à l’horizon, l’impitoyable (et cicatrisée) chef de gang Madeline «Ma-Ma» Madrigal (interprétée par la vedette de Game of Thrones, Lena Headey) se met soudainement à craindre pour sa mainmise sur la vente de la drogue, un produit destructif appelé «SLO-MO» qui modifie la réalité. Comme son lieutenant (Wood Harris) a été capturé par les juges, elle redoute que celui-ci ne vende la mèche au sujet du fonctionnement de son commerce. Elle ordonne alors qu’un bâtiment en entier soit verrouillé et réclame la tête des deux juges coincés à l’intérieur. Bien que le scénario fasse étrangement penser au film de 2011 Le raid : rédemption (la production de Dredd était déjà en cours lorsque ce film sur la police indonésienne est sorti), Dredd n’adhère pas aux codes hollywoodiens. Ce film marque en quelque sorte un retour à cette époque où les films d’action misaient justement sur «l’action» pour retenir l’attention des cinéphiles, et non sur une panoplie d’effets spéciaux. Et quand l’action de Dredd met la pédale au fond, notre satisfaction est à son comble. La drogue de synthèse au coeur de l’intrigue, qui altère la perception du temps, permet de nombreux effets stylistiques. On a le luxe de bien voir les balles perforer la tête des méchants, grâce à des ralentis artistiques des plus «gore» qui montrent le juge Dredd faire régner sa justice sans hésitation ni remords. «Il est la loi», après tout. Avec un budget relativement modeste comparativement aux superproductions comme L'ascension du chevalier noir, Dredd, bien conçu visuellement, offre un superbe aperçu d’une journée dans la vie du juge Dredd. Le jeu des acteurs principaux, Karl Urban et Olivia Thirlby, est épuré ; le film va droit au but, sans fla-fla. En espérant qu’il y aura une suite. Dredd vacille toutefois un peu dans le dernier tiers, lorsqu’un nouveau groupe de dangereux adversaires surgit dans l’intrigue. On a alors le sentiment que le réalisateur Pete Travis (Angles d’attaque) et le scénariste et producteur Alex Garland (28 Days Later, Les derniers rayons du soleil ) ont senti le besoin d’en rajouter en faisant apparaître de nouveaux protagonistes à la dernière minute, question de livrer un long métrage dépassant le cap des 90 minutes. Reste qu’il s’agit d’un film d’action à l’image du juge Dredd lui-même : simple et sans fla-fla, confiant et sans pitié, et doté d’une pointe d’humour noir. Dans l’ensemble, très bien exécuté.
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